- La fin de 52 ans de purgatoire pour les Léopards
- Et de 10 pour l’Afrique !
Ils l’ont fait ! Les Léopards de la République démocratique du Congo ont mis fin à 52 ans de disette en se qualifiant pour la Coupe du monde 2026, grâce à une victoire laborieuse mais héroïque face à la Jamaïque (1-0 après prolongations), mardi à Guadalajara.
Dans un stade de Guadalajara en fusion, les Congolais ont livré une bataille acharnée contre les Reggae Boyz, tremblant jusqu’au bout avant d’exulter. Axel Tuanzebe, défenseur central, est entré dans la légende en inscrivant l’unique but de la rencontre, à la 98e minute, sur un corner mal dégagé. Un but qui, après une interminable vérification par l’assistance vidéo (VAR), a libéré tout un peuple.
Un début canon, puis la peur qui s’installe
Pendant les vingt premières minutes, tout avait pourtant bien commencé pour les Congolais. Dès l’entame, un but de Cédric Bakambu était logiquement refusé pour hors-jeu, mais le signal était clair : les Léopards étaient venus pour dominer. Quelques instants plus tard, sur un coup franc parfaitement tiré, Bakambu s’élevait de nouveau, obligeant le gardien jamaïcain à une parade difficile.
Mais face à l’énormité de l’enjeu, le vent a tourné. Comme paralysés par la peur de perdre ce rendez-vous avec l’histoire, les hommes de Sébastien Desabre se sont progressivement éteints. La précision a disparu, les transmissions sont devenues hasardeuses, et les Reggae Boyz, bien organisés, en ont profité pour reprendre confiance. Leon Bailey a failli faire basculer le match à l’heure de jeu, sa frappe lointaine frôlant le poteau de Lionel Mpasi, qui a longtemps tremblé.
Tuanzebe, le héros providentiel
Alors que les 90 minutes réglementaires s’achevaient sur un triste 0-0, l’idée d’une prolongation stressante s’imposait déjà comme une épreuve de vérité. Mais c’est là que le caractère des Léopards a parlé. Mieux en jambes, poussés par un public acquis à leur cause, les Congolais ont mis le pied sur le ballon. Sébastien Desabre a fait entrer des jokers de poids, Cipenga et Kayembe, qui ont apporté un souffle nouveau.
Et à la 98e minute, le moment tant attendu est arrivé. Sur un corner venu de la droite, la défense jamaïcaine repousse maladroitement le ballon au premier poteau. Dans la confusion, Axel Tuanzebe surgit et pousse le ballon dans le but de la cuisse. Stupeur et joie. Mais la VAR gâte la fête, examinant longuement l’action. Une éternité. Puis, enfin, l’arbitre désigne le centre du terrain. But validé. Un ouf de soulagement libérateur.
Le score n’évoluera plus, malgré plusieurs occasions en or d’alourdir la marque en contre-attaque. Peu importe. Les Léopards tiennent bon et mettent fin à 52 ans de disette. Le dernier Mondial congolais remontait à 1974.
« C’est pour tout un peuple »
Aux larmes au coup de sifflet final, le sélectionneur Sébastien Desabre n’a pas caché son émotion. « Ce n’était pas notre meilleur match, mais ce soir, le mental a primé sur le jeu. Ces joueurs ont fait preuve d’un courage exceptionnel. Cette qualification, c’est pour tout un peuple qui a attendu trop longtemps », a-t-il confié.
Axel Tuanzebe, le héros inattendu, est devenu le symbole de cette génération. « Je n’oublierai jamais ce moment. C’est le plus beau but de ma carrière. Nous avons écrit une nouvelle page de l’histoire du football congolais », a déclaré le défenseur, visiblement ému.
Pour la Jamaïque, la désillusion est immense. Les Reggae Boyz, qui ont pourtant livré une prestation courageuse, devront continuer à rêver d’un second Mondial après leur unique participation en 1998.
Un été à rêver en grand
Désormais qualifiés, les Léopards s’offrent un été de rêve. Ils affronteront le Portugal lors de leur entrée en lice, un choc de prestige qui marquera le grand retour de la RDC sur la scène mondiale. Avec cette qualification historique qui offre aussi à l’Afrique son 10ème ticket pour ce mondial, c’est tout un pays qui se prend à rêver. La RDC est de retour, et elle compte bien faire parler d’elle cet été.



