Le commissaire de police Delcoz Kindjanhoundé a comparu devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), ce lundi 9 février 2026. Il doit répondre de plusieurs accusations liées à la diffusion d’une vidéo sur les réseaux sociaux, dans laquelle il critiquait le pouvoir en place.
Dès l’ouverture de l’audience, l’officier a réfuté l’ensemble des faits qui lui sont reprochés, notamment l’incitation à la rébellion, l’appel à la haine et la détention illégale d’armes à feu. Placé en détention préventive depuis le 16 décembre 2025, il effectuait sa première comparution devant la CRIET.
Delcoz Kindjanhoundé a reconnu être l’auteur de la vidéo incriminée. Il a affirmé avoir appelé à une « révolution démocratique » en tant que citoyen, et non en sa qualité de policier. Cette distinction a suscité des interrogations de la part de la Cour, les magistrats rappelant que son apparition en uniforme dans la séquence était incompatible avec l’obligation de réserve liée à sa fonction.
Pour justifier son geste, le commissaire a invoqué son engagement sur le front contre le terrorisme. Déployé dans le nord du pays fin 2023, il affirme y avoir vécu des scènes de guerre marquantes et vu des collègues perdre la vie. Selon lui, la vidéo visait à honorer la mémoire des soldats tombés. Il soutient avoir tenté, en vain, d’alerter sa hiérarchie par des rapports internes restés sans réponse. La Cour ne lui a pas permis de développer les autres motifs avancés.
L’affaire a été renvoyée au 20 avril 2026 pour la suite des débats. Le parquet reproche au commissaire d’avoir publiquement menacé les institutions de la République, y compris le chef de l’État, Patrice Talon. Ses déclarations, largement relayées en ligne, n’ont toutefois pas été suivies d’actes concrets. Interpellé peu après la diffusion de la vidéo, Delcoz Kindjanhoundé demeure en détention dans l’attente de la suite de son procès.
JDD



