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Afrique

Crise diplomatique : comment Alger sanctionne Abu Dhabi pour ses « agissements » en Afrique du Nord

Le ton monte d’un cran entre Alger et Abu Dhabi. Pour la première fois depuis le début des tensions larvées opposant les deux pays, l’Algérie passe à l’acte en rompant, ce dimanche 9 février, sa convention bilatérale sur les services aériens avec les Émirats arabes unis. Une décision technique aux conséquences immédiates et tangibles : la fin des liaisons aériennes directes entre les deux nations. Le geste, loin d’être anodin, constitue une riposte claire aux « ingérences » croissantes attribuées par Alger au pays du Golfe dans les dossiers sensibles de la région.

Une convention stratégique déchirée

Signée pour encadrer les relations aéronautiques, la convention bilatérale dénoncée était bien plus qu’un simple accord sur les vols. Elle régissait le survol des territoires respectifs, prévoyait des exonérations douanières pour certains produits et, surtout, autorisait les liaisons aériennes commerciales. Sa rupture signifie que les compagnies Air Algérie et Emirates ne pourront bientôt plus opérer de vols entre, par exemple, Alger et Dubaï. Un coup dur pour les passagers, le tourisme et les échanges économiques, mais un signal politique fort envoyé par les autorités algériennes.

Si aucun motif officiel n’a été invoqué par Alger, le contexte ne laisse guère de doute sur les raisons de cette escalade.

Des attaques à peine voilées qui se concrétisent

Depuis plusieurs années, l’Algérie multiplie les critiques à l’encontre des Émirats arabes unis, sans toutefois les nommer explicitement. Le président Abdelmadjid Tebboune avait notamment dénoncé en octobre dernier les agissements « d’un pays frère », accusé d’alimenter l’instabilité régionale. La cible, bien que non désignée, était transparente pour les observateurs.

Le cœur du contentieux réside dans l’implication perçue comme croissante et hostile d’Abu Dhabi dans plusieurs dossiers brûlants aux portes de l’Algérie : les conflits en Libye et au Soudan, ainsi que la crise sécuritaire au Sahel. Alger, qui se présente comme un acteur stabilisateur et souverainiste dans la région, voit d’un très mauvais œil cette influence, qu’elle juge déstabilisatrice et contraire à ses intérêts stratégiques.

Une première action concrète aux conséquences incertaines

Jusqu’à présent, les tensions se limitaient à des déclarations et des passes d’armes diplomatiques « à fleuret moucheté ». La rupture de l’accord aérien marque un tournant : c’est la première mesure concrète et punitive prise par Alger contre Abu Dhabi. Elle frappe un symbole de la connectivité et de la mondialisation, tout en ayant un impact économique direct.

Cette décision ouvre une phase nouvelle et plus risquée dans les relations entre les deux pays. Reste à savoir si elle restera une sanction isolée ou si elle préfigure une dégradation plus large des relations économiques et diplomatiques. Les Émirats arabes unis, de leur côté, n’ont pas encore réagi officiellement. La balle est désormais dans leur camp, alors que la ligne aérienne entre l’Afrique du Nord et le Golfe vient, littéralement, d’être coupée.

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