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Politique

Crise politique à Tanguiéta : 23 élus d’un parti veulent déjà la tête de leur nouveau maire

48 heures après la mise en place du nouvel exécutif communal, la ville de Tanguiéta est secouée par une crise politique interne majeure. Dans un communiqué publié le 16 février 2026, 23 élus (titulaires et suppléants) du parti Union Progressiste le Renouveau (UP-R) contestent vivement la désignation de leur propre camarade, NOMA Aboubakar, au poste de maire.

L’installation du Conseil municipal, loin d’avoir scellé l’unité, a donc ouvert une véritable fracture au sein de la formation politique majoritaire. Les signataires, qui affirment parler au nom de « 23 élus sur 24 » du parti, estiment que la procédure qui a conduit à l’élection du maire NOMA Aboubakar « ne traduirait pas […] la volonté majoritaire ».

Une légitimité contestée


Alors que le conseil communal de Tanguiéta compte 17 conseillers (toutes formations politiques confondues), le parti UP-R dispose d’une large représentation. Pourtant, sur les 12 conseillers titulaires que compte le parti, 11 avaient choisi de boycotter la séance d’installation. Une défiance qui s’est aujourd’hui transformée en opposition frontale.

Dans leur déclaration, les élus contestataires justifient leur combat par des « principes de justice » et de « respect de la volonté populaire ». Ils assurent que leur démarche vise à « assurer un fonctionnement apaisé des organes communaux ». Selon eux, l’actuelle configuration de l’exécutif ne permettrait pas d’atteindre cet objectif de stabilité.

Rejet de « l’ethnicisation » du débat

Face aux rumeurs et aux commentaires qui enflamment les réseaux sociaux, les 23 élus ont tenu à remettre les pendules à l’heure. Ils « réfutent toute motivation d’ordre communautaire » et dénoncent ce qu’ils qualifient de « tentatives d’ethnicisation du débat ».

Pour appuyer leur bonne foi, les signataires soulignent qu’ils sont originaires des « cinq arrondissements de la commune » et qu’ils représentent une diversité « d’horizons socioculturels ». Leur opposition à la nouvelle tête de l’exécutif communal ne serait donc pas motivée par des clivages identitaires, mais bien par un désaccord politique sur le fond.

En attendant la réaction de la hiérarchie

Alors que les tensions montent, les contestataires appellent les militants et sympathisants « au calme, à la retenue et à la responsabilité », afin d’éviter toute récupération qui pourrait menacer « la cohésion locale ». Le communiqué qu’a consulté le média 24 heures au Bénin, précise également que « les instances dirigeantes du parti ont été saisies », les élus disant leur « confiance » quant aux décisions qui seront prises par la direction nationale de l’UP-R.

En attendant, le maire NOMA Aboubakar, dont la légitimité est frontalement remise en cause par une frange très importante de son propre camp, ne s’est pas encore exprimé publiquement. Et aucune réaction officielle n’avait non plus été enregistrée du côté des instances nationales du parti. L’avenir politique de la commune de Tanguiéta semble désormais suspendu à l’arbitrage de la direction de l’Union Progressiste le Renouveau.

AY

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