La justice de la République du Congo a frappé un grand coup dans le monde sportif. Ce mardi 10 mars 2026, Jean-Guy Blaise Mayolas, le président de la Fédération congolaise de football (FECOFOOT), a été condamné à la réclusion à perpétuité. Reconnu coupable de blanchiment d’argent, de détournement de fonds et de falsification de documents, il a été jugé par contumace, étant absent lors du délibéré.
Cette décision judiciaire, rendue au terme de huit mois d’enquête, met au jour un vaste système de malversations financières au sein de l’instance dirigeante du football national. L’affaire, qui a secoué l’administration sportive, porte sur le détournement de fonds alloués par la FIFA.
1,3 million de dollars détournés
Selon l’accusation, les faits portent sur des subventions internationales destinées au développement du football au Congo. Sur une enveloppe globale, environ 1,3 million de dollars (soit plus de 780 millions de francs CFA) auraient été soustraits. Ces fonds, qui devaient financer des programmes de développement, le football féminin et des projets d’infrastructures, ont été détournés via un réseau complexe de transactions frauduleuses et de documents comptables falsifiés.
La famille et des proches dans le box des accusés
Le verdict ne concerne pas uniquement le président Mayolas. Dans un jugement d’une sévérité rare, son épouse et son fils ont également été condamnés à la prison à vie pour leur participation active à ce système financier illicite.
Par ailleurs, deux hauts responsables de la fédération ont écopé de peines de prison ferme.
· Badji Mombo Wantete, secrétaire général de la FECOFOOT, a été condamné à cinq ans de prison.
· Raoul Kanda, trésorier de la fédération, a également reçu une peine de cinq ans.
Tous deux ont été reconnus coupables d’irrégularités financières et de complicité dans ces malversations.
Huit mois d’investigations
Les enquêteurs ont passé au crible durant huit mois la comptabilité de la fédération, analysant relevés bancaires, procédures administratives et documents internes. Le parquet a décrit une « gestion financière frauduleuse profondément ancrée » au sein de l’organisation, révélant des années de pratiques opaques.
Quelles conséquences pour le football congolais ?
Cette condamnation, l’une des plus lourdes jamais prononcées contre des dirigeants sportifs dans le pays, relance avec acuité le débat sur la transparence et la gouvernance dans la gestion des deniers internationaux. L’attention se porte désormais sur les réformes nécessaires au sein de la FECOFOOT pour tenter de restaurer sa crédibilité.
Ce séisme judiciaire intervient dans un contexte particulier pour le football de la sous-région, alors que les Léopards de la République démocratique du Congo (voisins et rivaux) se préparent à un match décisif des barrages de la Coupe du Monde 2026, prévu le 31 mars au Mexique.
Alassane IMOROU SANDA



