L’ancien ministre Alassane Tigri, vice-président du parti d’opposition Les Démocrates, a été placé sous mandat de dépôt par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), jeudi 29 janvier 2026. Il est poursuivi dans le cadre de l’enquête relative au coup d’État déjoué du 7 décembre 2025.
L’ancien ministre a été interpellé mercredi 28 janvier 2026 à son domicile à Cotonou, en exécution d’un mandat d’arrêt délivré par le juge d’instruction de la CRIET, selon des sources judiciaires. Son arrestation intervient dans la continuité des investigations ouvertes après l’annonce, par les autorités béninoises, d’un projet de déstabilisation des institutions de la République.
Présenté jeudi 29 janvier devant la Commission d’instruction de la CRIET, Alassane Tigri a été longuement auditionné par le juge d’instruction. Cette première phase de la procédure s’est achevée en fin d’après-midi, avant qu’il ne soit conduit devant le juge des libertés et de la détention, en présence de son conseil. À l’issue de cette seconde audition, la décision de mise sous mandat de dépôt a été prononcée dans la soirée.
Selon des sources proches du dossier, l’interpellation d’Alassane Tigri est l’aboutissement d’une enquête judiciaire ouverte depuis plusieurs semaines. Après les événements du 7 décembre 2025, l’intéressé aurait été absent du territoire pendant une période, une absence interprétée par les services d’enquête comme une tentative de se soustraire à la justice. Son retour discret à Cotonou a marqué une nouvelle étape de la procédure.
Toujours selon ces sources, les autorités judiciaires avaient d’abord privilégié une approche progressive : retrait du passeport et remise d’une convocation officielle afin de permettre à l’intéressé de s’expliquer. Le non-respect de cette convocation aurait constitué l’élément déclencheur de l’émission du mandat d’arrêt.
À ce stade de la procédure, aucune inculpation formelle n’a encore été annoncée, l’instruction se poursuivant afin d’établir les responsabilités éventuelles. Les sources judiciaires insistent sur le caractère strictement judiciaire du dossier, excluant toute motivation politique.
Figure du principal parti d’opposition au régime du président Patrice Talon, Alassane Tigri voit ainsi son sort désormais entre les mains de la justice. L’enquête se poursuit à la CRIET, tandis que la défense de l’ancien ministre ne s’est pas encore exprimée publiquement.



