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Politique

Entre contestation et construction, réinventer le débat politique au Bénin : Les conseils de Talon à Yayi

Lors d’un échange avec la jeunesse béninoise, le président Patrice Talon a lancé un message fort à l’adresse de l’opposition, incarnée notamment par l’ancien chef de l’État Boni Yayi. Au-delà des clivages politiques, Talon appelle à une refonte du débat public, où l’intérêt national primerait sur les logiques partisanes. Un plaidoyer pour une opposition constructive, capable de soutenir les initiatives bénéfiques au pays, même lorsqu’elles émanent du camp adverse.

*Talon : « Cessons l’opposition aveugle, priorisons le Bénin. »
Dans son discours, le président Talon a dénoncé une pratique politique toxique : le rejet systématique des propositions gouvernementales par simple posture d’opposition. « Refuser une initiative bonne pour le pays et pour nous-mêmes, simplement parce qu’elle ne vient pas de nous, c’est une faute », a-t-il martelé.
L’exemple des matières premières illustre parfaitement ce travers. Talon a rappelé que transformer localement les ressources du Bénin créerait des emplois et dynamiserait l’économie. « Est-ce une question de parti ? Non. Pourtant, certains rejettent cette idée par pure opposition politique », a-t-il regretté.
Ce constat rejoint des situations observées ailleurs. Au Rwanda, le président Paul Kagamé a su associer l’opposition à des projets structurants, comme la modernisation agricole, malgré des divergences politiques. Résultat : une croissance soutenue et une stabilité enviée. De même, au Ghana, des réformes économiques ont été adoptées avec l’appui de l’opposition, permettant au pays d’éviter des blocages paralysants.

Une nouvelle culture politique : Le débat technique plutôt que la polémique

Talon insiste sur la nécessité d’un débat technique, où les idées sont évaluées à l’aune de leur pertinence et non de leur origine politique. « Au Parlement, on peut être de partis différents, mais discuter de manière intellectuelle, sans tomber dans la critique stérile », a-t-il souligné, car ‘’refuser une bonne initiative par pur esprit d’opposition, c’est trahir le pays ».
Il en appelle à Yayi et à ses partisans pour « changer les règles du jeu » :

  • Abandonner les étiquettes « mouvance » vs « opposition », qui figent les positions.
  • Privilégier la contradiction constructive, comme au Sénégal, où des concertations nationales ont permis des consensus sur des enjeux clés (éducation, infrastructures).
  • Éviter la concentration du pouvoir, en favorisant un débat plural
    « Un pays ne peut avancer si tout dépend du soutien ou du rejet d’une seule personne », a rappelé Talon, en allusion aux divisions souvent personnalisées dans l’arène politique béninoise.

Le président Talon ne se contente pas d’interpeller Yayi : il propose une nouvelle dynamique panafricaine. À l’image de l’Union africaine, qui encourage la coopération transpartisane pour le développement, le Bénin pourrait montrer l’exemple d’une démocratie apaisée, où l’opposition participe activement à la construction nationale.
« Si nous réussissons ce pari, dans 10 ou 20 ans, le Bénin sera transformé », a conclu Talon. Un défi que Yayi et toute la classe politique sont invités à relever… pourvu que l’intérêt général l’emporte enfin sur les calculs partisans.

Worou MERE

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