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Moyen Orient

Guerre au Moyen-Orient : la Maison-Blanche évoque une avancée diplomatique, l’Iran crie à la « désinformation »

(Le feuilleton des tensions USA-Iran prend un nouveau tournant)

Un nouvel épisode confus, mais lourd de conséquences, est venu s’ajouter à la guerre au Moyen-Orient. Alors que les tensions militaires restent extrêmement vives entre Washington et Téhéran, le président américain Donald Trump a affirmé lundi que des discussions « très, très constructives » étaient en cours avec un dirigeant iranien de « haut rang ». Dans la foulée, la République islamique a fermement démenti l’existence de tout contact, accusant les États-Unis de chercher à manipuler les marchés pétroliers.

Des pourparlers secrets et un délai supplémentaire

S’exprimant devant la presse, Donald Trump a révélé que l’envoyé américain Steve Witkoff et son gendre Jared Kushner avaient rencontré dimanche un responsable iranien, dont il n’a pas souhaité divulguer l’identité par crainte qu’il ne soit « tué ». Selon le président américain, les échanges se sont déroulés « parfaitement », avec des points d’accord considérables et une convergence sur la plupart des sujets abordés.

Dans la foulée de cette annonce, le locataire de la Maison-Blanche a accordé un délai supplémentaire de cinq jours à la République islamique pour rouvrir le détroit d’Ormuz, menaçant dans le cas contraire d’attaquer des centrales électriques iraniennes. Cette suspension temporaire des frappes sur des infrastructures énergétiques a été immédiatement interprétée par les marchés comme un signe de désescalade.

Téhéran dément et dénonce une « fausse information »

La version américaine a été aussitôt contredite par les autorités iraniennes. Le ministère des Affaires étrangères a nié toute existence de négociations de ce type, tandis que des médias d’État citent des responsables affirmant que M. Trump aurait reculé devant ses menaces « à la suite de l’avertissement ferme de l’Iran ».

Sur les réseaux sociaux, le président du Parlement iranien a estimé que « la diffusion de fausses informations vise à manipuler les marchés financiers et pétroliers et à sortir de l’impasse dans laquelle les États-Unis et Israël sont embourbés ». Selon Téhéran, l’annonce américaine ne serait qu’une manœuvre destinée à influencer l’opinion publique et les cours des matières premières.

Une onde de choc sur les marchés pétroliers

Qu’elles soient fondées ou non, les déclarations de Donald Trump ont eu un effet immédiat et spectaculaire sur les marchés. Les cours du pétrole ont chuté d’environ 10 % lundi, alors qu’ils avaient grimpé de plus de 40 % depuis le début du conflit, déclenché par des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran le 28 février.

Le Brent de la mer du Nord, référence internationale, avait atteint des sommets inédits après la quasi-paralysie du détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique par laquelle transitent normalement près de 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial. Les exportations énergétiques depuis l’Arabie saoudite, l’Irak et le Qatar ont été sévèrement perturbées.

Fatih Birol, directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), a averti que la crise mettait « gravement en péril l’économie mondiale », évaluant à environ 11 millions de barils par jour le volume de production retiré du marché, soit davantage que l’impact cumulé des chocs pétroliers des années 1970.

Des infrastructures lourdement endommagées

Même en cas de trêve rapide, un retour à la normale s’annonce complexe. Selon M. Birol, au moins 40 installations énergétiques dans neuf pays du Moyen-Orient ont été « gravement ou très gravement endommagées » par les hostilités. La réparation de ces infrastructures prendrait des années, tandis que les pays importateurs, qui ont commencé à puiser dans leurs stocks stratégiques, devront reconstituer leurs réserves, ce qui maintiendra une pression durable sur les prix.

John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion Private Bank, a souligné que des prix du baril atteignant 150 dollars, un scénario un temps envisagé, auraient eu des conséquences désastreuses pour l’économie mondiale et pour l’opinion publique américaine avant les élections de mi-mandat.

Un flou persistant

Si certains analystes, comme Ole Hvalbye de la banque SEB, estiment que le marché peut absorber une perte de production temporaire, ils soulignent qu’une réduction prolongée d’environ 10 % de la production mondiale serait intenable. Giovanni Staunovo, analyste chez UBS, appelle à la prudence, rappelant que la baisse durable des prix dépendra d’un retour à la normale du trafic dans le détroit d’Ormuz plutôt que d’annonces politiques.

Dans ce contexte de défiance absolue entre Washington et Téhéran, la vérité sur l’existence ou non de discussions secrètes reste difficile à établir. Alors que la guerre entre dans sa quatrième semaine, l’incertitude demeure totale quant à l’issue d’un conflit qui a déjà profondément bouleversé l’économie énergétique mondiale et les équilibres régionaux.

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