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Guerre en Iran : Le patron de l’antiterrorisme américain claque la porte et accuse l’administration Trump de mensonge

Joseph Kent, directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme (NCTC) et haut conseiller de Donald Trump, a démissionné mardi 17 mars 2026 pour protester contre la guerre engagée par les États-Unis contre l’Iran. Dans une lettre adressée au président, il affirme que la République islamique « ne représentait aucune menace imminente » pour l’Amérique et que le conflit a été déclenché « sous la pression d’Israël et de son puissant lobby américain ».

Première démission d’envergure au sein de l’administration Trump depuis le début de l’escalade militaire au Moyen-Orient, ce départ fait l’effet d’une onde de choc à Washington. Ancien soldat des forces spéciales, Joseph Kent occupait un poste stratégique : il était chargé d’analyser et de coordonner la réponse américaine aux menaces terroristes, tout en servant de conseiller principal du président sur ces questions.

« Je ne peux, en toute conscience, soutenir cette guerre »

Dans sa lettre de démission, publiée sur le réseau social X, Joseph Kent explique les raisons de son départ avec une rare franchise : « Je ne peux, en toute conscience, soutenir la guerre qui se déroule actuellement en Iran. L’Iran ne représentait aucune menace imminente pour notre nation, et il est clair que nous avons déclenché cette guerre sous la pression d’Israël et de son puissant lobby américain. »

Il dénonce plus loin ce qu’il qualifie de « campagne de désinformation » menée par « de hauts responsables israéliens et des membres influents des médias américains ». Selon lui, cette « chambre d’écho » a délibérément alimenté un « climat belliciste favorable à la guerre » et a « trompé » le président en lui faisant croire que « la voie vers une victoire rapide était toute tracée ».

Le parallèle avec la guerre en Irak

Joseph Kent établit un parallèle saisissant avec l’invasion de l’Irak en 2003 : « C’était un mensonge et c’est la même tactique que les Israéliens ont utilisée pour nous entraîner dans la désastreuse guerre en Irak qui a coûté à notre nation la vie de milliers de nos meilleurs hommes et femmes. »

Une référence qui résonne d’autant plus fort que l’intéressé a payé un lourd tribut personnel dans la lutte antiterroriste. Son épouse, Shannon Kent, cryptologue dans la Marine, avait été tuée en 2019 lors d’un attentat-suicide en Syrie. C’est après ce drame que Joseph Kent s’était rapproché de Donald Trump, avant de se présenter sous sa bannière – sans succès – aux élections législatives de 2022 et 2024 dans l’État de Washington.

Trump balaie la démission, les démocrates saluent le courage

Interrogé dans la foulée, Donald Trump a minimisé le départ de son conseiller, le qualifiant de « bonne chose ». « J’ai toujours pensé qu’il était faible en matière de sécurité », a-t-il lancé aux journalistes dans le Bureau ovale, sans autre forme de commentaire.

À l’inverse, l’opposition démocrate a salué la prise de position de Joseph Kent. Le sénateur Mark Warner, principal membre démocrate de la commission du renseignement, a déclaré : « Sur ce point, il a raison. Il n’y avait aucune preuve crédible d’une menace imminente de la part de l’Iran qui justifiait de précipiter les États-Unis dans une nouvelle guerre au Moyen-Orient. »

Un flou persistant sur les motivations américaines

Fin février, Donald Trump justifiait les frappes conjointes avec Israël par la nécessité d’éliminer des « menaces imminentes » de Téhéran. Quelques jours plus tard, il nuançait son propos, affirmant avoir saisi la « dernière et meilleure occasion » de frapper l’Iran, sans plus de précisions.

La démission de Joseph Kent relance le débat sur les véritables raisons de l’engagement américain dans ce nouveau conflit. En brisant l’omerta, ce haut responsable devenu lanceur d’alerte expose au grand jour les tensions qui traversent l’administration Trump et pose une question aussi ancienne que la République islamique elle-même : jusqu’où les intérêts étrangers influencent-ils la politique étrangère des États-Unis ?

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