Le Sénégal s’apprête peut-être à élargir son paysage minier avec l’arrivée d’une nouvelle exploitation industrielle d’or. Déjà actif dans ce secteur stratégique, le pays suscite un intérêt croissant des groupes étrangers. En témoigne l’annonce faite le jeudi 15 janvier par la société canadienne Fortuna Mining, qui prévoit de mobiliser près de 100 millions de dollars pour faire avancer le projet aurifère Diamba Sud, implanté dans l’est du territoire sénégalais.
Selon un communiqué diffusé par l’entreprise, cet apport financier vise essentiellement à couvrir les phases préparatoires précédant la construction du site minier. Une première tranche de 69 millions de dollars devrait être déployée dès cette année, avant la prise de la décision finale d’investissement programmée pour la mi-2026. Ces ressources permettront notamment d’achever les études techniques et économiques, tout en amorçant les travaux initiaux sur le site.
À cette enveloppe principale s’ajoutent environ 28 millions de dollars, destinés aux campagnes d’exploration complémentaires ainsi qu’au renforcement des capacités opérationnelles du projet. Fortuna Mining indique disposer d’une assise financière solide pour supporter ces engagements, avec une trésorerie évaluée à 704 millions de dollars.
Actuellement, l’exploitation industrielle de l’or au Sénégal repose sur les sites de Sabodala-Massawa, exploité par Endeavour Mining, et de Mako, sous la gestion de Resolute Mining. Le paysage s’est récemment enrichi avec l’entrée en production du projet Boto, porté par le groupe marocain Managem. Le développement de Diamba Sud viendrait ainsi consolider la dynamique du secteur aurifère national.
D’après une analyse économique préliminaire publiée en 2025, Diamba Sud présenterait un potentiel de production moyen de 106 000 onces d’or par an. Le budget de développement initial était alors évalué à 283,2 millions de dollars, une estimation appelée à évoluer à l’issue de l’étude de faisabilité définitive attendue au cours du deuxième trimestre.
Pour Fortuna Mining, le projet sénégalais s’inscrit au cœur d’une stratégie d’expansion à moyen terme. Le groupe ambitionne de porter sa production annuelle à 500 000 onces d’or, contre 239 900 onces en 2025, provenant essentiellement de ses opérations de Séguéla en Côte d’Ivoire et de Lindero en Argentine.
Du point de vue des autorités sénégalaises, le projet prévoit une participation gratuite de 10 % au profit de l’État, avec la possibilité d’augmenter cette quote-part jusqu’à 25 %. À terme, l’entrée en exploitation de Diamba Sud devrait générer des retombées fiscales significatives et renforcer la visibilité du Sénégal parmi les principaux pays producteurs d’or en Afrique de l’Ouest. Le projet demeure néanmoins conditionné à l’obtention des validations administratives et réglementaires requises.
Fallone CHABI-BONI



