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Afrique

Justice : un ancien chef d’État africain condamné à vingt ans de prison

L’ancien président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, en détention depuis janvier 2023, a été condamné ce lundi 24 février 2025 à vingt ans de prison par la Cour d’appel de Nouakchott. Ce verdict, rendu en deuxième instance, clôt un procès retentissant pour « détournement de fonds publics », « enrichissement illicite » et « abus de fonctions » durant son mandat (2008-2019).

Une peine alourdie en appel


À l’issue d’un procès en première instance en janvier 2023, l’ex-chef d’État avait écopé de cinq ans de prison. Mais le parquet général, estimant la sanction trop clémente, avait fait appel. Lors des audiences en deuxième instance, le procureur a requis une peine maximale, accusant Mohamed Ould Abdel Aziz d’avoir « usé de ses fonctions pour exercer des pressions sur des investisseurs », selon des informations de RFI. Malgré les dénégations vigoureuses de ses avocats, la Cour a suivi les réquisitions, alourdissant considérablement la sentence.

Un procès aux multiples accusés


L’ancien président n’était pas seul sur le banc des accusés. D’anciens ministres, hauts responsables et dirigeants d’entreprises ont comparu à ses côtés, tous impliqués dans un vaste réseau de « trafic d’influence », « blanchiment » et « enrichissement illicite ». Le procès a mis en lumière des montages financiers opaques et des contrats publics attribués de manière frauduleuse, selon les éléments divulgués lors des audiences.

Un symbole de lutte anticorruption


Cette condamnation marque un tournant dans un pays où l’impunité des élites a longtemps été la norme. Elle intervient dans un contexte régional de durcissement des législations contre la corruption, notamment sous la pression de partenaires internationaux. Pour ses partisans, Mohamed Ould Abdel Aziz reste une figure contestée, ayant dirigé la Mauritanie pendant une décennie marquée par une relative stabilité.

Réactions et suites judiciaires


La défense a annoncé son intention de se pourvoir en cassation, dénonçant un « procès politique ». Les observateurs s’interrogent cependant sur les chances de succès d’un tel recours, au vu de la solidité des preuves présentées.

Ce verdict, s’il est confirmé, pourrait faire jurisprudence en Afrique de l’Ouest, où plusieurs ex-chefs d’État font face à des enquêtes pour malversations.

François d’Assise BATCHOLA

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