Le Bénin poursuit sa lutte contre le mariage des enfants en déployant une stratégie à multiples volets : modernisation du cadre législatif, transferts monétaires aux familles, mobilisation communautaire, actions culturelles et plaidoyer mené par les jeunes. Ces efforts ont déjà permis d’enregistrer des avancées notables dans certaines communes. Toutefois, l’éradication complète du phénomène repose sur la pérennisation de ces actions, un accès renforcé à l’éducation pour les filles, et une transformation en profondeur des normes sociales.
Dans le département du Borgou, la lutte se poursuit avec détermination. À l’initiative du préfet Djibril Mama Cissé, une rencontre majeure s’est tenue ce mercredi 6 août 2025, réunissant autorités départementales, acteurs sociaux, leaders religieux et traditionnels. Objectif : renforcer la coordination des actions pour enrayer durablement le mariage des enfants. La cérémonie d’ouverture, placée sous le signe de la paix et de la cohésion sociale, a été marquée par des prières et bénédictions prononcées par les têtes couronnées et les guides religieux.

Prenant la parole, la directrice départementale des affaires sociales et de la microfinance, Noma Seteyi Kpotéina, a souligné l’importance d’une synergie d’actions pour protéger les jeunes filles, rappelant que ce fléau hypothèque gravement leur avenir.

Le chef du bureau zone UNICEF de Parakou, Barnard Agbangla, a mis en lumière les progrès réalisés : campagnes de sensibilisation ciblées, interventions éducatives dans les écoles, accompagnement des familles à risque… Autant de mesures concrètes déjà en place dans le département.

Dans une déclaration forte, le préfet du Borgou a rappelé que : « Le mariage des enfants constitue une violation grave des droits fondamentaux de la personne humaine. Il prive les filles de leur adolescence, interrompt leur scolarité, affecte leur santé physique et mentale, et les enferme prématurément dans un rôle auquel elles ne sont ni prêtes ni préparées. »

Tout au long de la journée, plusieurs communications ont permis de dresser un état des lieux du phénomène dans le Borgou, d’identifier les défis persistants et de partager des expériences de terrain. Parmi les propositions concrètes évoquées : intensifier les campagnes de sensibilisation, renforcer l’implication des leaders communautaires, et faire appliquer de manière rigoureuse les lois existantes.
Cette rencontre marque une nouvelle étape dans la dynamique de lutte pour la protection des droits des enfants dans le Borgou. Les engagements pris devraient permettre de renforcer la coordination des interventions et de bâtir une réponse plus cohérente et efficace sur le terrain.
Fallone CHABI-BONI



