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Société

Mali : Les chasseurs dozos, dernier rempart face aux jihadistes à Bandiagara

Dans la région de Bandiagara, au centre du Mali, les chasseurs traditionnels dozos du groupe Dan Na Ambassagou sont désormais la principale force qui s’oppose encore aux jihadistes du Jnim. Une attaque meurtrière menée le 4 février 2026 à Kendié, près de Bandiagara, en est la preuve tragique.

Selon un récit recueilli auprès d’un combattant dozo, l’assaut a commencé par l’envoi de drones kamikazes sur leurs positions, avant une attaque terrestre des jihadistes. Bilan : 5 morts et 4 blessés graves évacués vers l’hôpital de Bandiagara. Le Jnim a revendiqué l’opération et diffusé des images de propagande montrant des cadavres et du matériel détruit.

Cette attaque n’est pas un cas isolé. Le 12 janvier dernier, à Koundialan dans la même zone, une attaque similaire avait déjà fait une dizaine de morts, dont des civils. Les dozos, mouvement de chasseurs ancré dans la tradition, se retrouvent ainsi en première ligne dans une région où l’armée malienne et les jihadistes observent, selon plusieurs sources locales, un accord tacite de non-agression depuis sept à huit mois.

Une trêve inquiétante, les dozos en alerte

Chefs de villages, élus et intermédiaires en lien avec les groupes armés confirment cette étrange quiétude entre forces régulières et jihadistes à Bandiagara. Les militaires maliens restent présents, mais certaines positions ont été levées et ne subissent plus d’attaques. De leur côté, les jihadistes circulent librement, prélèvent l’impôt religieux (zakat) et autorisent même le retour de populations déplacées.

Dans ce vide sécuritaire, les dozos se sentent abandonnés. Depuis le 1er février, leur chef Youssouf Toloba et d’autres membres ont multiplié les appels vidéo pour alerter sur leur situation, réaffirmer leur détermination à combattre le Jnim et réclamer un soutien accru de l’armée malienne.

Alors que la région semble vivre sous un régime de coexistence forcée entre autorités et jihadistes, les chasseurs dozos paient le prix fort de leur refus de composer avec les groupes armés. Leur rôle de dernier rempart face à l’expansion du Jnim les expose à des attaques ciblées et de plus en plus violentes.

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