(L’intégralité de la lettre ouverte de Étienne VIBOU)
Dans une lettre ouverte adressée à la Grande Chancellerie des Ordres Nationaux, Étienne VIBOU, citoyen béninois, appelle les plus hautes autorités en matière de distinctions honorifiques à considérer le parcours et l’engagement de Lionel Talon au service du développement culturel et social du Bénin.
Un acteur majeur de la structuration culturelle
L’auteur de la lettre met en lumière le rôle précurseur de Lionel Talon à une époque où le Bénin était « inconnu ou très peu représenté dans le showbiz à l’échelle régionale et internationale ». C’est dans ce contexte que ce dernier a initié et structuré le projet « We Love Eya », une plateforme devenue aujourd’hui incontournable dans le paysage culturel béninois.
Les objectifs initiaux de cette initiative étaient clairs : former les jeunes aux métiers de la musique, professionnaliser les talents locaux et démocratiser l’accès aux grands événements culturels. Une vision qui a progressivement porté ses fruits.
Des retombées multidimensionnelles
Selon la lettre ouverte, « We Love Eya » s’est imposé comme un véritable outil structurant du paysage culturel national, générant des impacts concrets :
· L’encadrement et la valorisation de la jeunesse à travers des activités ludiques et formatrices
· La création d’opportunités économiques dans les industries culturelles et créatives
· L’organisation d’événements d’envergure internationale réunissant des artistes de renommée mondiale
· Le renforcement de l’attractivité culturelle du Bénin sur l’échiquier artistique international
Une dimension sociale significative
Au-delà du volet culturel, l’initiative se distingue par son ancrage social. Les retombées financières des concerts et événements organisés sont partiellement réinvesties dans des actions solidaires, notamment le soutien à des pensionnats et à des structures éducatives. Le centre EYA organise également régulièrement des activités ludiques destinées à créer « une saine émulation au sein de la jeunesse béninoise ».
La question délicate de la reconnaissance
Étienne VIBOU ne cache pas la particularité de cette situation : Lionel Talon est le fils du Président de la République, Patrice Talon. Une proximité familiale qui, selon lui, « pourrait involontairement conduire à une appréciation réservée ou différée de son engagement ».
Il appelle cependant à dépasser cette considération en rappelant un principe républicain fondamental : « La reconnaissance nationale se fonde exclusivement sur les mérites personnels, l’impact des actions menées et le service rendu à la Nation, indépendamment de toute considération d’ordre familial ou politique. »
Une contribution conforme à l’intérêt général
Le plaidoyer insiste sur l’adéquation entre les actions menées et les ambitions nationales en matière de culture, de jeunesse et de rayonnement international. Cette contribution participerait activement à « l’image d’un Bénin moderne, créatif et attractif », s’inscrivant pleinement dans une démarche d’intérêt général.
Quelles suites possibles ?
La Grande Chancellerie des Ordres Nationaux est désormais saisie de cette demande. Il lui revient, « en toute souveraineté », d’apprécier l’opportunité d’une reconnaissance honorifique au titre de l’engagement culturel et social de Lionel Talon, dans le respect des critères et procédures en vigueur.
Reste à savoir si les hautes distinctions nationales pourront un jour récompenser ce parcours, au-delà des liens familiaux qui pourraient, malgré tout, complexifier une telle décision.
Étienne VIBOU, signataire de cette lettre, conclut en citant Victor Hugo : « La reconnaissance est la mémoire du cœur. » Une façon de rappeler que, parfois, savoir reconnaître le mérite, relève aussi d’une certaine forme de sagesse collective.
AY



