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Afrique

Mission de paix amputée : l’Afrique du Sud plie bagage en RDC pour cette raison

L’Afrique du Sud a officiellement annoncé le retrait de ses 700 soldats déployés au sein de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco). Une décision motivée par des « raisons essentiellement budgétaires », selon un communiqué de la présidence sud-africaine, qui évoque la nécessité de « réorganiser les ressources de l’armée ».

Cette annonce, officialisée le 12 janvier dernier lors d’un échange téléphonique entre le président Cyril Ramaphosa et le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, met en lumière les profondes difficultés financières de l’armée sud-africaine. Elle intervient dans un contexte sécuritaire déjà très fragile dans l’est de la RDC et suscite des interrogations sur la capacité de Pretoria à maintenir son rôle de contributeur majeur aux opérations de paix en Afrique.

Une décision longtemps débattue

Le déploiement sud-africain en RDC était devenu un sujet de controverse nationale, notamment depuis la prise de Goma par le groupe rebelle M23 et, plus encore, après la mort de 14 soldats sud-africains dans l’est du pays l’année dernière. Au Parlement, les appels au rapatriement des troupes s’étaient multipliés, mettant en avant les risques sécuritaires et le coût humain.

La justification finale, cependant, ne relève pas d’une réévaluation stratégique ou d’un désaccord politique, mais bien d’une contrainte budgétaire interne. « Beaucoup pointent du doigt la mauvaise santé financière de l’armée sud-africaine, une institution sous-financée qui ne serait donc plus capable d’assurer des missions à l’étranger », résume la présidence.

Le symptôme d’une armée « au bord de l’effondrement »

Le retrait de la Monusco est l’arbre qui cache une forêt de problèmes structurels. Les observateurs décrivent une armée nationale aux abois, aux prises avec un matériel vieillissant que le pays « peine à améliorer ». Des rapports faisaient même état de soldats déployés en RDC dénonçant des problèmes de paiement de leurs allocations, une situation qui a miné le moral des troupes.

Certains experts n’hésitent pas à parler d’une institution « au bord de l’effondrement », incapable de maintenir ses engagements internationaux en raison d’un sous-financement chronique. Le retrait de RDC apparaît ainsi moins comme un choix stratégique que comme une nécessité imposée par une crise interne profonde.

Quelles conséquences pour la stabilisation de la RDC ?

Ce retrait, qui doit s’achever d’ici la fin de l’année 2026, prive la Monusco d’un contingent significatif et expérimenté dans une région, le Nord-Kivu, en proie à une recrudescence de violences. L’Afrique du Sud a longtemps été un pilier des opérations de paix de l’Union africaine et de l’ONU sur le continent.

Dans son communiqué, Pretoria tente de tempérer l’impact de sa décision en affirmant qu’il « continuera de soutenir les efforts de paix en RDC ». Reste à savoir sous quelle forme ce soutien pourra se concrétiser, alors que son outil militaire principal se replie. Ce retrait pose également une question plus large : celle de la soutenabilité financière des engagements de paix africains, dans un contexte où plusieurs puissances continentales peinent à financer leurs armées.

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