Il avait à peine quitté l’hémicycle du Palais des Gouverneurs. Son écharpe de député de la 10e législature à peine posée sur l’épaule. Pourtant, dès ce lundi 9 février, l’honorable Charles Gagnon était déjà sur les routes de sa commune natale. Non pas pour présider, non pas pour inaugurer. Mais pour l’essentiel : ses populations.
Accompagné du ministre-conseiller Expédit Houessou, des cadres du parti et des conseillers communaux nouvellement élus, le nouveau représentant du peuple a parcouru les localités de Comé, de Gadomé, Agatogbo à Akodéha en passant par le quartier Azanou et le centre-ville. Une première prise de contact qui, par sa précocité et sa ferveur, a déjà valeur de signature politique.
Une marée humaine pour un fils du terroir
À Gadomé, ils avaient sorti les petits plats. Des notes culturelles, des danses traditionnelles, des chants de bienvenue. Une foule électrique, littéralement debout pour saluer « l’enfant du pays ». Ici, on ne parle pas encore de bilan, de commission ou de texte de loi. On parle de fierté.
Car Charles Gagnon n’est pas un député parachuté. Il est du sérail, de cette terre de Comé qui l’a vu grandir et qui, aujourd’hui, le porte en triomphe. À chaque arrêt, des mains tendues, des sourires, des embrassades. Et surtout, cette gratitude réciproque entre un élu et ceux qui l’ont porté.
La bénédiction des sages
Au centre-ville, la ferveur a pris une dimension presque mystique. Les sages et notables de la localité, garants de la mémoire collective, ont tenu à prier pour le nouveau député. Bénédictions, incantations, mains levées vers le ciel : le geste était chargé de sens. Dans une société où la légitimité ne se décrète pas mais se reçoit, cette onction des anciens vaut plus que tous les discours d’investiture.
L’ancien député Éric Guidi, visiblement ému, a présenté Charles Gagnon à la foule avec des mots qui portaient loin : « Voici votre fils. Il est digne. Il sera présent. »
Ouèdèmè-Pédah en transe, Akodéha en cortège
Dans l’arrondissement de Ouèdèmè-Pédah, l’ambiance était celle des grands jours. Une foule immense, compacte, vibrante. Des jeunes, des femmes, des anciens. Tous réunis pour un seul homme, venu simplement leur dire merci. Aucune promesse en l’air, aucune surenchère électorale. Juste une parole rare en politique : la gratitude.
La tournée s’est achevée par un imposant cortège dans la ville de Comè, avant un ultime bain de foule au quartier Azanou. Là, les chants et les danses ont repris de plus belle. Le public, venu en nombre, a longuement acclamé cette légende locale du social.
Charles Gagnon, élu de la République, aurait pu savourer son installation à Porto-Novo avant de redescendre sur ses terres. Il a choisi l’inverse. Il a choisi de commencer par la base, par l’essentiel, par ceux qui l’ont envoyé siéger.
« Je ferai le déplacement de temps en temps pour échanger avec vous », a-t-il lancé. La promesse peut sembler modeste. Elle est, en réalité, révolutionnaire. Dans un monde politique où l’on s’éloigne souvent de ses mandants dès l’élection acquise, Charles Gagnon fait le pari inverse : celui de la présence, de l’écoute, du lien permanent.
Une leçon de politique utile
Alors que la 10e législature s’ouvre à peine, que les bureaux des commissions sont installés et que les groupes parlementaires se structurent, l’honorable Charles Gagnon rappelle, par son geste simple, une vérité que l’on oublie trop souvent : la politique commence là où vivent les populations.
Comé ne l’oubliera pas. Et lui, visiblement, ne l’oubliera pas non plus.



