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Société

Reconnaissance de la traite transatlantique comme le plus grave crime contre l’humanité : Le Bénin lève le voile sur son vote et réaffirme son engagement mémoriel

Le ministre des Affaires étrangères, Shegun Bakari, a tenu une conférence de presse ce lundi 30 mars 2026 pour clarifier la position du Bénin suite au vote de la résolution des Nations Unies sur la traite transatlantique, tenu le 25 mars. Entre devoir de mémoire et explications techniques, le chef de la diplomatie béninoise a levé toute équivoque sur l’absence de la délégation béninoise lors du scrutin.

Consacrée au vote du Bénin sur la reconnaissance de l’esclavage comme le plus grave crime contre l’humanité aux Nations Unies, cette conférence de presse a été l’occasion pour le ministre Bakari de faire la lumière sur les tenants et aboutissants de cette reconnaissance historique. D’entrée de jeu, il a rappelé que la question mémorielle n’est pas un simple accessoire diplomatique pour Cotonou, mais un pilier central de l’action gouvernementale depuis dix ans. « Pour nous, il est très important de sanctuariser, d’immortaliser cette mémoire », a-t-il déclaré. Il a notamment souligné les investissements massifs dans le patrimoine, comme la porte du Non-Retour à Ouidah, et l’innovation législative majeure de juillet 2025 accordant la nationalité béninoise aux Afro-descendants par « reconnaissance » plutôt que par naturalisation.

Interrogé sur l’absence du Bénin dans la salle lors du vote du 25 mars, Shegun Bakari a joué la carte de la transparence en invoquant un dysfonctionnement. Il a confié : « L’absence de la délégation du Bénin le 25 mars dernier est due, il faut le reconnaître, à un dysfonctionnement administratif. » Toutefois, le ministre a tenu à rassurer l’opinion nationale et internationale : « Le Bénin a co-sponsorisé cette résolution. Nous avons participé aux travaux de rédaction avec le Ghana et d’autres républiques sœurs », a-t-il affirmé.

Pour corriger cette absence physique, le Bénin a utilisé les mécanismes onusiens permettant de notifier son intention de vote a posteriori. Le gouvernement a ainsi officiellement confirmé au Secrétariat général des Nations Unies sa pleine adhésion et son vote favorable à cette résolution qualifiant la traite transatlantique du plus grave crime contre l’humanité.

Shegun Bakari a également réitéré la détermination du Bénin à porter la voix des peuples africains et de la diaspora. « Le Bénin et son gouvernement sont résolus à porter la voix des peuples africains et Afro-descendants et à œuvrer pour que la mémoire de la traite transatlantique ne tombe pas dans les banalités de l’histoire », a-t-il laissé entendre.

Au-delà de l’incident technique survenu au siège des Nations Unies, cette mise au point du ministre Shegun Bakari réaffirme le leadership du Bénin sur le chantier de la réparation symbolique. En transformant un « dysfonctionnement administratif » en une opportunité de réitérer ses convictions, le gouvernement béninois envoie un signal fort : la reconnaissance de la traite transatlantique comme le plus grave crime contre l’humanité n’est pas une simple posture de circonstance. Avec ce vote, le Bénin se positionne non seulement comme un gardien de la mémoire, mais aussi comme un précurseur d’une diplomatie africaine capable de transformer les plaies du passé en leviers de souveraineté et de solidarité internationale.

Jean De Dieu TRINNOU

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