Invité de l’émission « Confidences dans le noir » sur BL TV, animée par Aboubakar TAKOU, l’acteur politique Fred Houénou a créé la surprise en officialisant son départ du Bloc Républicain et son ralliement à la candidature de Paul Hounkpè pour l’élection présidentielle du 12 avril 2026. Il justifie ce « changement de cap » par un manque de dialogue interne au sein de son ancien parti et une adhésion à la vision de « liberté » portée par le nouveau duo.
Un départ motivé par l’absence de dialogue
Ancien cadre du Bloc Républicain, Fred Houénou n’a pas caché son « pincement au cœur » en quittant la formation politique qu’il avait rejointe à sa sortie de prison. Cependant, il explique que son départ est la conséquence directe d’un manque de débats et d’écoute de ses ambitions.
« J’ai proposé une orientation politique, j’y ai ajouté un mémorandum, et je précisais même que si cette démarche ne retenait pas l’assentiment, j’étais prêt à accompagner. Ce débat n’a jamais eu lieu. Personne ne m’a même appelé », a-t-il déploré face à l’animateur.
Selon lui, le Bloc Républicain a cessé d’être un parti pour devenir « un syndicat » qui ne défend que les intérêts de ses membres, allant parfois jusqu’à faire « plus qu’on ne leur demande » pour plaire au pouvoir en place. Il affirme avoir quitté le parti sans déposer de démission officielle, estimant que ce ne sont pas les « paperasses » qui comptent, mais les convictions.
Le choix de Paul Hounkpè : la liberté et la prise en compte des faiblesses
Interrogé sur son ralliement surprise à Paul Hounkpè, un opposant historique, Fred Houénou révèle que c’est par l’intermédiaire de son ami de longue date, le colistier de Hounkpè, Rock Hounwanou, qu’il a été approché. Il dit avoir été « fasciné par la lucidité » du projet de l’ancien ministre.
« Dans son projet, il reconnaît les efforts, la stabilité institutionnelle et les infrastructures du président Talon. Il ne s’agit pas de détruire, mais d’une ‘continuité constructive' », explique Houénou. Il oppose cette démarche à celle du camp présidentiel, qui selon lui, propose un « clone » du président sortant sans reconnaître les « faiblesses » des dix dernières années.
Le concept de « liberté » défendu par Paul Hounkpè est l’élément clé qui a convaincu Fred Houénou. « Il propose la liberté à nos compatriotes », affirme-t-il, en opposition à la « rigueur » et à la « rigidité » des dix années de gouvernance Talon. Il estime que les Béninois, notamment les jeunes, sont « fiers des progrès » mais se sentent « suffoqués », « pas consultés », et ont l’impression que leur vie personnelle a « reculé ». Pour Houénou, Hounkpè incarne la solution pour « donner un visage humain » à ces avancées.
Une dynamique contre une arithmétique politique
Face à la coalition massive de partis (BR, UPR, Moele-Bénin) soutenant le candidat de la mouvance, Romuald Wadagni, Fred Houénou reste confiant. Il estime que la présidentielle ne se gagne pas par une simple addition de partis, mais par une « dynamique nationale ».
« Tous les experts vous diront qu’une élection se gagne par une dynamique. Les partis qui soutiennent Wadagni ne valent pas grand-chose aujourd’hui car ils sont conçus comme des syndicats où les jeunes ont été bâillonnés », a-t-il taclé.
Il prédit une « surprise » le 12 avril, à condition de réussir « l’unité de toutes les forces qui souhaitent l’alternance ». Il justifie le retard dans la publication du projet de société de Paul Hounkpè par une stratégie délibérée, mais assure que le candidat est le seul, selon lui, à faire des propositions concrètes dans l’opinion.
Un appel à la « respiration démocratique »
Dans une adresse finale à la jeunesse, Fred Houénou a appelé à un rééquilibrage des pouvoirs. Il a souligné que la majorité présidentielle détient déjà l’Assemblée nationale et les organes de la décentralisation.
« Si vous confiez aussi l’exécutif au même courant, il n’y aura plus d’équilibre. Il faut donner la chance à notre pays d’essayer autre chose, de respirer démocratiquement », a-t-il plaidé, estimant que l’élection du 12 avril est « la première élection du Nouveau Monde » pour le Bénin, où la « liberté » doit être le moteur du développement et de l’unité nationale.



