Réunis pendant trois jours à Freetown, les chefs d’état-major des pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont franchi une étape décisive dans la mise en place d’une « force en attente ». Ce nouveau dispositif est destiné à renforcer la lutte contre le terrorisme et l’insécurité dans la sous-région.
Selon les orientations adoptées, le contingent comptera dans un premier temps environ 2 000 soldats. Chaque État conservera ses troupes sur son territoire national, mais celles-ci seront mobilisables dans le cadre d’opérations conjointes décidées par l’organisation régionale. Par ailleurs, un dépôt logistique commun sera installé à Freetown, la capitale sierra-léonaise. Le pays hôte joue un rôle central dans cette dynamique, son président, Julius Maada Bio, assurant actuellement la présidence en exercice de la Cédéao. Cette base logistique devra faciliter la coordination, l’équipement et la projection rapide des forces en cas de besoin.
Un autre point majeur concerne le financement. Les responsables militaires ont exprimé la volonté de privilégier des ressources propres à la région. L’objectif affiché est de réduire la dépendance vis-à-vis des partenaires extérieurs pour les questions de sécurité, en misant sur une solidarité budgétaire entre États membres.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par l’expansion des groupes armés du Sahel vers les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest. Face à cette menace grandissante, les chefs d’état-major se sont fixé un objectif ambitieux : lancer les premières opérations conjointes dès cette année.
Jean De Dieu TRINNOU



