L’Université d’Abomey-Calavi vient d’enregistrer l’entrée d’un nouveau docteur dont les travaux s’inscrivent au cœur des enjeux actuels de santé publique, d’environnement et de développement durable. Fernand Tranquillin YADOULETON a brillamment soutenu sa thèse de doctorat en Géographie et Gestion de l’Environnement, option Géosciences de l’Environnement et Aménagement de l’Espace, spécialité Environnement, Santé et Développement, rejoignant ainsi le cercle restreint des chercheurs appelés à éclairer l’action publique par la science.
Intitulée « Dynamique démographique et maladies non transmissibles dans le doublet urbain Cotonou–Abomey-Calavi au Sud du Bénin », cette thèse, dirigée par M. Hervé KOMBIENI, Maître de Conférences des Universités/CAMES, a été soutenue devant un jury international. Présidé par le Professeur Adrien DOSSOU-YOVO, avec la participation des Professeurs Thierry AZONHE, Péga TUO (Université Félix Houphouët-Boigny, Côte d’Ivoire) et Christian WALI WALI (Université Omar Bongo, Gabon), le jury a salué la solidité méthodologique, la pertinence des résultats et l’utilité sociale des travaux menés.

S’appuyant sur une base empirique de 819 répondants – incluant praticiens de santé, autorités sanitaires, ménages et personnes diagnostiquées de Maladies Non Transmissibles (MNT) – la recherche du Dr YADOULETON dresse un tableau sans complaisance mais éclairant de la situation sanitaire dans le doublet urbain Cotonou-Abomey-Calavi. Elle met en évidence une population encore majoritairement jeune, mais engagée dans un processus de vieillissement progressif, annonciateur d’une augmentation préoccupante des MNT. L’hypertension y domine largement (58,7 %), suivie du diabète (17,8 %), des maladies rénales chroniques (12 %) et des cancers (3 %).
Au-delà des chiffres, le chercheur démontre l’influence déterminante des facteurs démographiques, sociaux et comportementaux sur l’exposition aux MNT. L’âge, le sexe, le niveau d’instruction, le milieu de résidence ou les habitudes de vie façonnent les trajectoires de santé. Ses résultats confirment notamment le rôle protecteur de l’activité physique et d’une alimentation riche en fruits et légumes, tout en soulignant l’impact négatif de la consommation d’alcool.
L’un des apports majeurs de cette thèse réside également dans l’analyse des itinéraires thérapeutiques. Si la médecine moderne constitue le premier recours, l’automédication et les pratiques traditionnelles demeurent très présentes, révélant la complexité des choix de soins. Pour le Dr YADOULETON, cette réalité impose une approche intégrée, tenant compte des dynamiques culturelles, sociales et économiques des populations.
Fort de ses résultats, le nouveau docteur formule des recommandations claires et opérationnelles à l’intention des décideurs. Il plaide pour un renforcement des politiques de prévention, de dépistage précoce et de prise en charge des MNT, en ciblant particulièrement les populations vulnérables. Il appelle également à une meilleure articulation entre médecine moderne et médecine traditionnelle, notamment à travers la formation des praticiens traditionnels au dépistage et à l’orientation précoce.
Par cette contribution scientifique de grande portée, le Dr Fernand Tranquillin YADOULETON, élevé au grade de docteur avec la mention Très honorable, s’impose comme un chercheur chevronné et engagé, dont les travaux nourrissent des réflexions stratégiques sur la santé, l’environnement et le développement au Bénin. Cette thèse rappelle que la lutte contre les maladies non transmissibles est avant tout un défi collectif, nécessitant science, prévention et gouvernance éclairée.
Gloria AKOAKOU



