Au Sénégal, le président Bassirou Diomaye Faye a promulgué, lundi 30 mars 2026, une loi modifiant l’article 319 du Code pénal, durcissant significativement la répression des actes homosexuels dans le pays.
Adopté le 11 mars par l’Assemblée nationale à une large majorité, le texte prévoit un alourdissement des peines pour les « actes contre nature », désormais passibles de cinq à dix ans d’emprisonnement, contre un à cinq ans auparavant, ainsi que des amendes allant de 2 à 10 millions de francs CFA. Des sanctions plus lourdes sont prévues en cas d’implication de mineurs.
La réforme introduit également des dispositions pénales visant l’« apologie », la « promotion » ou le « financement » de l’homosexualité, ainsi que d’autres pratiques jugées contraires aux mœurs, punies de peines de trois à sept ans de prison et d’amendes.
Cette mesure s’inscrit dans les engagements du pouvoir en place et intervient dans un contexte marqué par des débats sociétaux sensibles. Les autorités sénégalaises justifient cette loi par la volonté de préserver les valeurs culturelles, religieuses et sociales du pays.
Toutefois, plusieurs organisations de défense des droits humains, dont la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), ainsi que le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme dirigé par Volker Türk, ont exprimé leur inquiétude. Elles dénoncent un texte « discriminatoire » susceptible d’accentuer les risques de violences, d’arrestations arbitraires et de stigmatisation à l’encontre des personnes concernées.
Pour les autorités, cette réforme traduit également une affirmation de la souveraineté nationale face aux pressions internationales. Elle pourrait, selon plusieurs observateurs, raviver les tensions autour des questions sociétales au Sénégal.
François D’Assise BATCHOLA



