Selon un institut de sondage qui permet aux dirigeants européens d’avoir une longueur d’avance sur l’avenir politique des États africains, il s’est dégagé de 2024 à ce jour, une curieuse métamorphose de la psychologie des Béninois à l’endroit de l’actuel président.
Vers la fin de l’année 2023, sur 10 Béninois interrogés, 9 souhaitaient même un départ précipité du président Patrice Talon. Selon les archives de cet institut, aucun leader ne s’était jamais remis d’un tel gouffre de désamour. Mais quelle ne fut pas la surprise des responsables de cet institut, qui renseigne les lobbys occidentaux sur les politiques africaines ! Depuis environ 4 mois, sur 10 Béninois interrogés dans chaque contrée de notre pays, 8 sont pour le retour du président Talon aux affaires, en dépit des exigences de la Constitution.
Le même sondage précise que nos compatriotes sont aujourd’hui si attachés au rêve de l’actuel président et à son charisme dans la gouvernance, qu’ils n’envisagent même plus l’option d’un dauphinat. Ce n’est pas parce qu’il n’y a personne dans le camp de la mouvance pour succéder à Patrice Talon, mais ils préfèrent ne même pas y penser. Est-ce à dire que si le président Talon se cramponne au respect de la Constitution pour partir, tous ses admirateurs iront du côté de l’opposition ? Malheureusement, les questions du sondage ne sont pas allées de ce côté.
Ce qui revient à dire simplement que le risque est grand pour la mouvance présidentielle que ces électeurs, capables de changer d’avis du jour au lendemain, se découragent au point de chercher leur bonheur au sein de l’opposition si leur désir de revivre le style de gouvernance du président Talon s’estompait. Toute chose qui annonce que la succession de l’actuel président risque d’être une équation très compliquée pour cette mouvance dont le succès repose exclusivement sur les épaules d’un homme rejeté au début de son mandat et en qui ses compatriotes voient aujourd’hui leur salut. Cependant,
c’est le droit du président Talon de jouir de sa retraite. La Constitution est claire sur le sujet, mais il reste que ses résultats ont forgé l’opinion publique en sa faveur au point où son départ sera interprété comme un déluge.
Vivement que les différents services qui renseignent le président cherchent à se procurer les résultats de cette enquête pour ses analyses.
Aboubakar TAKOU



