À quelques jours de la célébration du 1er août, le cadre de concertation de l’opposition béninoise a lancé un appel pressant au Chef de l’État. L’objectif ? Que le président Patrice Talon s’engage à des « gestes utiles » pour la nation. Parmi ces gestes, la libération des détenus politiques, le retour des exilés, l’ouverture d’un dialogue politique, et, si possible, l’organisation d’assises nationales. Le cadre estime que ces actions sont essentielles pour que le président Talon soit « en phase avec la volonté du peuple » et confère un « éclat particulier » à la fête nationale, suscitant ainsi une adhésion populaire.
Pourtant, cette démarche, louable dans son intention, met le parti d’opposition Les Démocrates (LD) dans une position ambiguë et suscitant beaucoup d’interrogations. En effet, pour beaucoup d’observateurs, le parti n’a pas su incarner une opposition exemplaire, capable d’agir avec discernement. Une opposition qui devrait savoir quand soutenir, quand critiquer, et quand s’abstenir, mais qui a trop souvent opté pour une posture bornée, donnant l’impression de danser le Timpinti, sans réelle stratégie cohérente.
Les Démocrates auraient pu tirer profit d’une approche plus nuancée, en appuyant certaines actions du président Talon, plutôt que de s’opposer systématiquement à tout ce qui émane de la mouvance présidentielle à l’Assemblée nationale. En faisant preuve de discernement, le parti aurait pu se forger une crédibilité, donnant à cette requête actuelle une légitimité incontestable. Malheureusement, leur propension à voter « non » par principe, même pour des lois qui les concernent directement et dont ils finissent par bénéficier, les a enfermés dans le rôle d’opposants belliqueux et bornés. C’est dans cette cacophonie politique que les LD semblent danser le Timpinti, au détriment de leur propre crédibilité.
Cette attitude les prive aujourd’hui de la pleine légitimité nécessaire pour porter efficacement une telle requête. S’ils avaient agi avec plus d’intelligence stratégique, ils auraient pu choisir une personnalité politique de référence, une figure consensuelle telle qu’un Boni Yayi ou même un Nicéphore Soglo, qui, malgré ses critiques, sait reconnaître et apprécier les avancées pour le pays. L’incarnation de cette requête par une telle personnalité aurait sans doute permis une progression plus rapide et une meilleure adhésion.
Mais le parti Les Démocrates semble, aux yeux de certains, manquer de « crédit » pour revendiquer aujourd’hui la « bonne cause ». Comment demander la libération de personnes arrêtées pour des délits présumés, si l’on a systématiquement critiqué toutes les actions du régime, même celles qui auraient pu être bénéfiques au pays ? Une opposition crédible doit savoir se positionner comme une force d’analyse, capable de soutenir le bon et de dénoncer le mauvais.
Et comme l’opposition LD manque de discernement, on met tout dans le même panier, on évoque aussi les cas relatifs à l’interpellation entre autres de Comlan Hugues Sossoukpè sans à aucun moment reconnaître les torts de ces personnes sur leurs cibles pour tout ce qui a été dit sur elles.
Voilà comment le parti LD a scellé le sort de cette requête de l’opposition depuis fort longtemps.
En persistant dans une opposition extrême et en votant « non » pour le simple fait de voter « non », Les Démocrates risquent de s’enliser davantage dans une impasse. Leur « danse du Timpinti » sur la scène politique, faite de gestes désordonnés et de postures incohérentes, risque de les éloigner de leur rôle de contre-pouvoir constructif, et de les maintenir dans une position de marginalisation, loin des attentes d’une opposition efficace.
WM



