Dans un geste politique rare qui pourrait reconfigurer le paysage partisan béninois, trois grands partis ont signé, ce mardi 16 septembre, des accords de gouvernance et de coalition parlementaire en vue des élections générales de 2026. La majorité présidentielle, représentée par l’Union Progressiste le Renouveau (UP) et le Bloc Républicain, a tendu la main au principal parti d’opposition, la Force Cauri pour un Bénin Émergent (FCBE).
La cérémonie de signature s’est déroulée en présence des états-majors des trois formations, actant officiellement la conclusion de deux accords tripartites. Cet événement, présenté par ses acteurs comme historique, s’inscrit dans une volonté affichée de « renforcer le système partisan et le dialogue politique entre majorité et opposition ».
Une « admiration commune » pour une opposition « digne »
Lors de ses propos liminaires, le professeur Joseph Fifamin Djogbénou, président de l’UP le Renouveau, a justifié cette alliance par une « admiration commune » des partis de la majorité pour la FCBE. Il a salué une formation qui a su incarner « avec dignité, sagesse et intelligence le débat républicain ». « Nous sommes déterminés à vous combattre, mais à vous combattre avec dignité », a-t-il déclaré, soulignant que les grandes démocraties sont faites de « convergences, même s’il y a des divergences ». Il a conclu en faisant de cette alliance le « carrefour de la paix, de la préservation des acquis et du développement ».
L’unité du pays avant les intérêts partisans
Du côté du Bloc Républicain, son président Abdoulaye Bio Tchané a vu dans ces accords la preuve de la « fidélité de chacun des partis au pays » et de leur volonté de travailler ensemble pour « l’unité, la paix et le développement ». Rappelant qu’« aucun parti, aussi grand soit-il, ne peut décider seul de l’avenir du pays », il a mis en avant l’essentiel : « le combat que nous avons pour le développement de notre pays ».
La FCBE salue une « seconde opportunité »
Pour l’opposition, c’est le secrétaire exécutif national de la FCBE, Paul Hounkpè, qui a pris la parole. Il s’est félicité de « l’aboutissement heureux de ce processus » et de cette main tendue qui permet de « nourrir le débat et donner à l’opposition une seconde opportunité de participer à toutes les élections ». Tout en rappelant fermement que la FCBE « ne fait pas partie de la mouvance » présidentielle, il a insisté sur la nécessité de « trouver un terrain de discussion (…) afin de cultiver la paix, car sans la paix, aucun développement n’est possible ». Optimiste, il a estimé que le code électoral « inclusif » permettra à la « mandature à venir [d’être] suffisamment apaisée ».
Les implications pour 2026
Cette annonce marque un tournant significatif dans la politique béninoise. Elle suggère une coalition parlementaire solide et une gouvernance concertée entre ces trois forces majeures, promettant une campagne électorale de 2026 et un futur mandat potentiellement marqués par une recherche de consensus et d’apaisement, après plusieurs années de tensions politiques.



