La délivrance de visas américains est désormais suspendue à l’ambassade des États-Unis au Niger. C’est ce qu’indique un document du Département d’État daté du 25 juillet, cité par l’agence Reuters. Cette décision marque un nouveau tournant dans le durcissement de la politique migratoire américaine, tout en illustrant une dégradation manifeste des relations entre Washington et Niamey.
Selon les consignes officielles, toutes les demandes de visas immigrants et non-immigrants sont suspendues jusqu’à nouvel ordre. Seules les catégories diplomatiques et officielles échappent à cette mesure. Par ailleurs, les autres postes consulaires américains ont reçu instruction de faire preuve d’une « vigilance accrue » face aux demandes de ressortissants nigériens.
Cette décision intervient dans un contexte diplomatique déjà tendu. En effet, en juin dernier, les États-Unis avaient déjà mis en place une interdiction d’entrée sur leur territoire pour les ressortissants de 12 pays, dont sept africains. À cette liste s’ajoutaient des restrictions spécifiques pour les citoyens de sept autres pays. Le Niger, qui n’était pas directement visé à ce moment-là, a été ajouté à la liste par le nouveau décret, dans un encadrement plus strict. D’après un haut responsable américain cité par Reuters, ces restrictions resteront en vigueur tant que certaines « préoccupations » de Washington vis-à-vis du gouvernement nigérien ne seront pas levées. Parmi celles-ci, on note le taux élevé de dépassement de séjour des Nigériens aux États-Unis : 8 % pour les visas visiteurs et jusqu’à 27 % pour les visas étudiants.
Cette suspension intervient également moins d’un an après le départ des troupes américaines du Niger, exigé par les autorités nigériennes, un épisode qui avait fortement altéré les relations bilatérales.
Alassane IMOROU SANDA



