Après plusieurs mois de silence, le dossier de la rétention forcée d’un commissaire de police et d’un agent des eaux et forêts à Zogbodomey entre dans une phase décisive. Le 16 mars 2026, le procureur près le tribunal d’Abomey s’est prononcé sur le sort des personnes arrêtées.
Sur les nombreux suspects interpellés, huit ont été placés en détention provisoire, tandis que quatorze autres ont été libérés, mais restent sous poursuites judiciaires.
L’origine de l’affaire remonte au mois de juillet 2025. Informées d’une coupe illégale de tecks dans une forêt classée, les autorités avaient dépêché une équipe sur les lieux pour vérifier les faits. Sur place, dans la zone de Dohouè, les agents venus constater les infractions se sont retrouvés face à une vive opposition.
La situation a rapidement échappé à tout contrôle. Pris à partie, le commissaire et l’agent forestier ont été retenus contre leur volonté par des individus présents dans la forêt. Ils sont restés immobilisés pendant plusieurs heures, jusqu’à ce que l’arrivée imminente de renforts soit signalée, contraignant leurs ravisseurs à les relâcher. Avant de partir, ces derniers ont détruit la moto de service du commissaire.
L’enquête, restée en retrait pendant un certain temps, a repris en ce début du mois de mars avec une opération policière ayant conduit à plus de vingt arrestations. Les personnes interpellées sont soupçonnées d’implication dans la séquestration, de rébellion contre l’autorité et de dégradation de matériel public.
Désormais, la justice devra faire la lumière sur les responsabilités de chacun dans cette affaire, qui mêle atteinte à l’autorité de l’État et exploitation illégale des ressources forestières.
Fallone CHABI-BONI



