On attendait une démonstration espagnole. On a vu un peuple entier repousser l’orage. Ce lundi 15 juin, à Atlanta, les Requins Bleus du Cap-Vert ont signé l’exploit de ce début de Mondial : un match nul héroïque (0-0) face à la Roja, l’une des favorites à la victoire finale.
Face à Lamine Yamal, entré en jeu à la 71e minute, et à une armada technique espagnole, le Cap-Vert (67e au classement FIFA) n’avait qu’une arme : son cœur. Et un gardien de 40 ans en état de grâce.
Vozinha en larmes. Après 90 minutes de résistance pure, le portier cap-verdien s’est effondré sur la pelouse, entouré de ses coéquipiers. Non pas de fatigue, mais d’émotion. Comme s’il venait de remporter la Coupe du monde. Et à sa manière, c’est un peu le cas.
Dès la première période, Vozinha a dégoûté l’Espagne : claquette sur une tête de Mikel Oyarzabal (36e), arrêt décisif du bout des gants sur un corner d’Aymeric Laporte (45e+3). Puis, après l’entrée électrique de Yamal, le vieux lion a tenu bon, soutenu par un bloc cap-verdien solide comme un récif volcanique.
26 % de possession de balle. Un seul tir cadré. Peu importe.
Car en face, l’Espagne a déçu. Trop timide. Peu inspirée. Sans Nico Williams ni Yamal au coup d’envoi, la Roja a manqué de mordant, au point de se faire siffler deux fois par ses propres supporters, noyés dans une marée rouge, mais subjugués par l’exploit des Requins Bleus.
Ce nul, c’est d’abord un point au classement. Mais c’est aussi, et surtout, une claque de fierté pour un archipel de 500 000 âmes, une nation qui n’avait même pas réussi à se qualifier pour la dernière Coupe d’Afrique des nations. Un point que personne n’attendait. Un point qui change tout.
Avec l’Uruguay et l’Arabie Saoudite à venir, le Cap-Vert n’a plus seulement un mince espoir. Il a gagné le droit de rêver.



