C’est dans un contexte de réflexion sur les 35 ans de la Conférence Nationale des Forces vives de la Nation (1990) à travers le Colloque sur le thème ‘’les systèmes démocratiques en Afrique : cas du Bénin, 35 ans après la Conférence Nationale’’, que s’est tenue la 2ème édition des Journées de l’Union, organisée par le parti Union Progressiste le Renouveau (UPR), ce jeudi 27 février 2025 à la salle bleue du Palais des Congrès de Cotonou. À cette occasion, le Président Joseph Fifamin Djogbénou a prononcé une allocution d’ouverture marquante, rendant hommage au peuple béninois et réaffirmant son engagement pour la paix et la démocratie, tout en condamnant fermement les tentatives de déstabilisation de l’État.
Un hommage aux bâtisseurs de la démocratie béninoise
Joseph Djogbénou a débuté son discours en honorant la mémoire des acteurs clés de la Conférence Nationale de 1990, dont Isidore de Souza, ainsi que les membres-fondateurs de l’UPR aujourd’hui disparus. Il a salué la présence inspirante du Président Bruno Amoussou et des figures historiques du parti, tels Mathurin Coffi Nago et Louis Vlavonou, soulignant leur rôle dans la construction d’un « héritage intemporel ».
« Il y a 35 ans, une prodigieuse promesse politique est faite avec courage […] promesse de rupture et de renouveau qui permit à un peuple de quitter les rives du désespoir vers celles de l’espérance », a-t-il déclaré, rappelant le rôle pivot de la Conférence Nationale dans la transition démocratique du Bénin.
La Conférence Nationale : un héritage à préserver
Le colloque avait pour objectif de dresser un bilan critique des acquis de la Conférence Nationale et de réfléchir aux défis contemporains. Trois thématiques centrales ont structuré les débats :
1. Le système partisan : Comment moderniser les partis politiques pour renforcer la démocratie ?
2. L’État de droit et la justice : Comment garantir une justice impartiale face aux dérives ?
3. Le développement économique : Comment concrétiser les promesses de progrès social, relancées depuis 2016 sous le leadership du Président Patrice Talon ?
Djogbénou a insisté sur le « devoir d’inventaire » nécessaire pour adapter cet héritage aux réalités actuelles : « L’héritier qui renonce au devoir d’inventaire n’est pas digne de son auteur », a-t-il affirmé, appelant à une action politique « audacieuse » pour relever ces défis.
Condamnation des coups de force et appel à la paix
Sans ambages, le Président de l’UPR a condamné toute tentative de prise de pouvoir par la force, qualifiant ces actes de « complot[s] contre l’État ». Il a réaffirmé que la paix ne se résume pas à l’absence de guerre, mais repose sur « la détermination de la classe politique à faire des choix décisifs » pour améliorer la qualité de vie des citoyens.
« La dévolution pacifique du pouvoir d’État […] exige le renoncement irrévocable à tout recours à la force », a-t-il martelé, en référence aux principes sacrés de la Conférence Nationale. Il a également mis en garde contre toute « complicité morale » envers les auteurs de déstabilisation, appelant à soutenir les sanctions judiciaires pour préserver la stabilité nationale.
Vers un renouveau démocratique
En conclusion, Joseph Djogbénou a salué les efforts du gouvernement Talon pour consolider les acquis démocratiques et a invité les progressistes à « enrichir la fierté des concitoyens » en poursuivant cet héritage. « L’Union Progressiste le Renouveau demeure dans sa ligne politique en conviant les acteurs à s’approprier cet héritage », a-t-il déclaré, soulignant l’importance de l’unité et de l’action collective.
Ce colloque, à la fois mémoriel et prospectif, rappelle que la démocratie béninoise, bien qu’enracinée, exige vigilance et engagement continu. En hommage au passé et en condamnant les coups de force, Djogbénou a tracé une voie claire : celle du dialogue, du progrès et du respect des institutions.
AY