Le gouvernement béninois engage une démarche pour sortir des milliers de diplômés en santé de l’incertitude professionnelle. Réuni en Conseil des ministres le mercredi 4 novembre dernier, sous la présidence de Romuald Wadagni, l’Exécutif a autorisé l’organisation d’une évaluation initiale en vue de la délivrance d’un certificat d’aptitude aux titulaires de diplômes obtenus dans des établissements privés étrangers de formation en santé non reconnus par l’État.
Au total, 15 398 jeunes sont concernés par cette première phase. Cette décision pourrait marquer une étape importante dans le parcours professionnel de milliers de jeunes Béninois confrontés aux difficultés de reconnaissance de leurs diplômes. Sur les 22 972 personnes recensées en mai 2026 comme détentrices de diplômes concernés par cette situation, 15 398 relèvent des quatre filières retenues pour cette opération, soit environ 67 % de l’effectif total.
L’initiative portée par le gouvernement du président Romuald Wadagni vise avant tout à apprécier les compétences des professionnels concernés et à leur offrir une possibilité de régularisation de leur parcours. Quatre domaines sont principalement concernés : le doctorat en médecine générale, le doctorat en pharmacie, la licence en sciences infirmières et obstétricales, option infirmier, ainsi que la même licence, option sage-femme.
Pour encadrer cette opération, un programme de renforcement des capacités a été élaboré. Il est accompagné d’un règlement pédagogique qui définit les modalités de formation et d’évaluation, les conditions de réussite ainsi que les procédures de délivrance du certificat d’aptitude à l’équivalence. Les candidats devront ainsi démontrer qu’ils disposent des connaissances et compétences requises pour exercer dans leurs domaines respectifs.
Au-delà de la question de la reconnaissance des diplômes, cette mesure soulève également un enjeu d’insertion professionnelle et de renforcement des ressources humaines du système sanitaire béninois. Elle pourrait permettre aux candidats qui satisferont aux exigences réglementaires de poursuivre leur démarche de reconnaissance de qualification et d’accès à l’exercice professionnel au Bénin.
En autorisant cette évaluation, le Conseil des ministres a instruit les ministres concernés de prendre les dispositions nécessaires pour assurer le bon déroulement du processus. Les modalités pratiques et le calendrier de l’évaluation restent toutefois attendus.
Pour les milliers de diplômés concernés et leurs familles, cette décision ouvre ainsi une perspective nouvelle, dans l’attente des prochaines étapes de sa mise en œuvre.
A. IMOROU SANDA










