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Politique Société

Conférence de presse après les législatives du dimanche dernier : L’heure des jérémiades du parti Les Démocrates

Le Parti Les Démocrates a tenu hier une conférence de presse dont le seul mérite aura été de rappeler à tous son isolement politique grandissant. Face à une défaite aux législatives dont les premiers résultats ne laissent guère de doute, la direction de campagne du parti a choisi la fuite en avant : dénoncer sans preuves, accuser sans nuances, et pleurer sur le sort d’une formation en plein naufrage.

Plutôt que de reconnaître son manque d’ancrage populaire et les défections en série qui ont fragilisé ses rangs – dont celle de six anciens députés –, Les Démocrates préfèrent brandir le spectre de la « fraude institutionnelle ». Une rhétorique usée jusqu’à la corde, symptôme d’un parti qui, conscient de son échec, se réfugie dans la victimisation.

Des allégations vagues et infondées

Le discours prononcé hier aligne des griefs aussi vagues que variés : retards d’ouverture de bureaux, matériel manquant, urnes non scellées, bourrages supposés… Autant d’accusations présentées comme une évidence, mais sans aucun élément tangible à l’appui. Comment expliquer, sinon par la mauvaise foi, qu’un parti qui se dit prêt à « relever tous les défis » n’ait su produire la moindre preuve photographique, le moindre témoignage corroboré, la moindre saisie officielle ?

Les exemples cités – Cotonou, Abomey-Calavi, Porto-Novo, Tchaourou – relèvent davantage du catalogue de doléances que d’un récit crédible. À plusieurs reprises, le parti affirme que ses délégués ont été écartés des procédures, que des procès-verbaux lui ont été refusés, que des irrégularités ont été commises « au vu et au su » des forces de l’ordre. Pourtant, aucune plainte formelle ne semble avoir été déposée, aucune saisine en urgence de la CENA ou de la Cour constitutionnelle n’est évoquée.

Une instrumentalisation politique de la CENA

Les Démocrates ciblent particulièrement la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA), qu’ils présentent comme le « bras armé » du pouvoir. Un procès d’intention qui ne résiste pas à l’examen des faits : la CENA, dont la composition pluraliste est connue de tous, a organisé avec succès plusieurs scrutins ces dernières années. La brandir comme bouc émissaire permet surtout d’occulter l’incapacité du parti à mobiliser ses troupes et à convaincre les électeurs.

Le parti appelle d’ailleurs la CENA à lui fournir « tous les procès-verbaux » – une demande qui sonne comme un aveu : Les Démocrates n’ont visiblement pas su mettre en place un dispositif sérieux de collecte et de vérification de ces documents pourtant essentiels.

La vraie défaite est politique

Derrière cette guirlande d’accusations, se cache une réalité plus crue : Les Démocrates ont échoué à incarner une alternative crédible. Leur campagne, à en croire leurs propres dires, a été entravée par un manque de moyens financiers publics – mais rien n’est dit sur leur propre stratégie de collecte de fonds, sur leur ancrage territorial, sur leur programme. À les entendre, tout leur serait dû, sans effort.

Leur recours systématique à la dénonciation, l’invocation permanente de la « communauté internationale » et des « chancelleries », trahit une démarche plus tournée vers l’extérieur que vers le peuple béninois, dont ils se réclament pourtant. Un peuple qui, rappelons-le, s’est largement déplacé pour voter dans le calme et la transparence.

Les larmes ne font pas une stratégie

À quelques jours de la proclamation des résultats définitifs, Les Démocrates ont choisi la voie de la confrontation stérile. Faute de résultats probants, ils crient à la fraude ; faute de leadership rassembleur, ils agitent le drapeau de la persécution. Cette communication plaintive ne sert ni la démocratie, ni le débat public – elle ne sert que les ambitions déçues d’une formation en perte de vitesse.

Le Bénin a besoin de débats d’idées, de projets, d’oppositions constructives. Pas de jérémiades érigées en programme politique.

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