Alors que les nouvelles équipes municipales fraîchement installées s’apprêtaient à prendre leurs marques, la direction de l’Union Progressiste le Renouveau (UPR) a temporairement suspendu les prérogatives de ses élus locaux. Dans une note circulaire datée du 25 février 2026 et signée par son Secrétaire Général, Gérard Gbenonchi, le parti a officiellement demandé à ses maires de « surseoir à toute initiative » concernant la nomination des membres de leurs cabinets.
Ce gel des nominations, justifié par le Secrétariat Général comme une « mesure conservatoire », intervient dans un souci d’harmonisation et de « cohérence politique ». Le document, adressé aux maires UPR nouvellement installés, insiste sur la nécessité d’attendre des directives précises avant de composer leurs équipes rapprochées.
La main de Cotonou sur les exécutifs locaux
Selon la note dont nous avons obtenu copie, cette décision vise à garantir que les futures nominations respectent à la fois le cadre légal en vigueur, mais également les « équilibres politiques et territoriaux » chers à la formation politique. Cette approche, bien que présentée comme un gage d’efficacité, souligne la volonté de la direction nationale de l’UPR de garder un contrôle étroit sur la gouvernance locale, même après la mise en place des conseils municipaux.
« Des directives précises et harmonisées, tenant compte des exigences légales en vigueur ainsi que des équilibres politiques et territoriaux, vous seront communiquées dans les plus brefs délais », peut-on lire dans la note circulaire.
Un rappel à la discipline de parti
Au-delà de l’aspect procédural, ce message du Secrétaire Général Gbenonchi est aussi un rappel à l’ordre subtil mais ferme à l’attention des édiles. En les félicitant pour leur installation, la direction nationale ne manque pas de souligner qu’elle compte sur leur « sens de la discipline » et leur « loyauté aux orientations du parti ».
Cette mainmise sur la désignation des directeurs de cabinet et conseillers techniques, pourtant des postes de confiance directement liés au maire, illustre la structure pyramidale de l’UPR. Pour les nouveaux maires, souvent impatients de mettre en œuvre leur projet local, cette période d’attente imposée par le siège de Cotonou pourrait être le premier exercice concret d’équilibre entre autonomie municipale et discipline partisane.



