Le ministre israélien de la Défense l’a annoncé dans la nuit, Téhéran l’a confirmé quelques heures plus tard : Ali Larijani, l’une des personnalités les plus puissantes et influentes de la République islamique d’Iran, a été tué dans des frappes menées par Israël dans la nuit du lundi 16 au mardi 17 mars 2026.
Sa disparition crée un vide immense au sommet de l’État iranien. À 68 ans, Ali Larijani était bien plus qu’un haut responsable. Fils d’un dignitaire proche de l’ayatollah Khomeini, il était né dans le sérail et y avait tissé des liens dans toutes les sphères du pouvoir. Sa mort, survenue alors qu’il s’était imposé ces derniers mois comme le véritable « chef de guerre » du régime, marque un tournant majeur dans la crise qui secoue le Moyen-Orient.
Un homme de l’ombre devenu l’homme fort du régime
Depuis la guerre éclair de juin 2025 et l’escalade militaire avec les États-Unis et Israël, l’Iran avait vu son architecture politique se recomposer. Le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, dont l’intronisation avait été précipitée par les circonstances, n’a pas été vu en public depuis sa nomination, alimentant les spéculations sur son état de santé ou sur d’éventuelles luttes d’influence.
Dans ce contexte, Ali Larijani avait émergé comme la pièce maîtresse du dispositif. Nommé en août 2025 secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, le principal organe de décision du pays, il cumulait une expérience unique : ancien commandant des Gardiens de la Révolution pendant la guerre Iran-Irak, ministre, président du Parlement pendant douze ans, et conseiller spécial auprès des guides suprêmes. Il était devenu le chef d’orchestre de la stratégie iranienne, tant sur le plan intérieur qu’international.
La République islamique a perdu l’un de ses piliers. Reste à savoir si l’édifice vacillera sous le choc.



