Co-porteur d’une résolution historique, il réclame « réparation et vérité » sur l’esclavage
Le Bénin a salué, ce vendredi 27 mars, l’adoption par l’Assemblée générale des Nations Unies d’une résolution historique reconnaissant la traite transatlantique des Africains réduits en esclavage comme un « crime d’une extrême gravité contre l’humanité ». Dans un communiqué solennel, le ministère des Affaires étrangères du pays, co-sponsor du texte, affirme son soutien « plein et entier à cet acte de justice mémorielle ».
Adoptée le 25 mars 2026, cette résolution marque une avancée diplomatique et symbolique majeure, après des décennies de mobilisation des États africains et caribéens pour faire reconnaître l’ampleur et la nature spécifique de ce crime. Pour le Bénin, cette qualification n’est pas un aboutissement, mais un point de départ vers un devoir de vérité et une exigence de réparation.
« La traite transatlantique et l’esclavage racialisé des Africains constituent une violation profonde de la dignité humaine. Les nommer pour ce qu’ils sont est un devoir de vérité. Les réparer est une exigence de justice », écrit le ministère béninois, soulignant le rôle singulier du pays dans cette mémoire douloureuse.
Une mémoire vive et des actes concrets
Héritier d’une histoire douloureuse, le Bénin, ancien royaume du Danxomè et terre de départ de millions d’Africains arrachés à leur terre natale durant les siècles de traite, fait de cette reconnaissance un pilier de son identité nationale. Mais au-delà des déclarations, le gouvernement dirigé par le président Patrice Talon assure traduire cette conviction en actes.
Le communiqué rappelle ainsi l’adoption, en juillet 2024, d’une loi accordant la nationalité béninoise aux personnes d’ascendance africaine. Ce dispositif, unique dans la région, offre aux Afro-descendants du monde entier un lien juridique concret avec le continent et constitue, selon Cotonou, une forme de réparation symbolique et effective.
Porter la voix des peuples africains
Le Bénin annonce qu’il entend poursuivre son engagement dans les enceintes multilatérales pour que « la mémoire de la traite transatlantique ne tombe pas dans les banalités de l’histoire ». L’objectif, porté avec d’autres États africains et caribéens, est d’inscrire durablement ce sujet dans l’agenda international, notamment dans les discussions sur les réparations, les restitutions patrimoniales et la reconnaissance des héritages post-esclavagistes.
« Afin que plus jamais l’humanité ne connaisse une telle horreur », conclut le ministère, en écho aux conclusions de la résolution onusienne qui appelle à une mémoire active et à une éducation à la paix.




