Au Bénin, la grande lessive politique approche. Le 23 mai à 23h59, Patrice Talon achèvera son second et dernier mandat. Logique républicaine : le président sortant prend sa retraite. Logique de geckos : ses ministres, eux, veulent rester collés au nouveau gouvernement, comme de ces lézards mous sur un mur bien au chaud.
Trois hommes seulement, Abdoulaye Bio Tchané, José Tonato, Pascal Iréné Koupaki, ont eu l’élégance d’annoncer qu’ils suivraient leur ancien patron dans cette retraite. Les autres ? Ils préfèrent la continuité de la marmite : primes, voyages, indemnités, marchés publics, privilèges. Suivre Talon ne les arrange pas que chercher à rester accrochés à la Marmite du pouvoir.
Comme on ne cesse de le dénoncer depuis quelques jours, cette boulimie de postes est une trahison déguisée en compétence. Ces ministres ont accepté dix ans de mainmise présidentielle, mais refusent aujourd’hui la seule fidélité qui compte : partir avec lui. On dirait qu’ils se prennent pour les seuls cerveaux du Bénin, et devant, c’est « maïs ».
Ils auraient pu dire oui et partir dignement. Ils ont préféré rester, collés aux avantages, convaincus que sans eux l’État vacille. Ridicule. Un gecko ne fait pas le mur. Il le salit.
Au lieu d’incarner la loyauté, ces ministres donnent une leçon de comédie politique. Talon méritait mieux qu’une cour qui s’accroche à sa propre assiette. Le Bénin mérite donc des hommes dignes, pas des lézards de salon.
Voilà une attitude plus que révélatrice de ces collaborateurs de Talon. Elle ne devra pas échapper au président entrant. Romuald Wadagni. Affaire à suivre !
WM



