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Afrique

La peau de banane glissée à Sonko : comment Diomaye Faye a perdu la bataille du Parlement

Tensions au sommet de l’État sénégalais. À la veille de la séance plénière du 26 mai 2026, le président Bassirou Diomaye Faye a saisi discrètement le Conseil constitutionnel pour tenter d’empêcher la réintégration d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale. Une manœuvre qui s’est soldée par un échec : la juridiction s’est déclarée incompétente, ouvrant la voie à un retour triomphal de l’ex-Premier ministre, élu dans la foulée président de l’Assemblée.

Une saisine de dernière minute, une décision sans effet

Selon les informations révélées par le quotidien Les Échos, le chef de l’État a sollicité l’avis des « sept sages » dans la nuit précédant la plénière. Il contestait la procédure de réintégration d’Ousmane Sonko, estimant que son mandat de député était incompatible avec ses anciennes fonctions de Premier ministre.

Mais le Conseil constitutionnel a rendu une décision claire : la question relève du fonctionnement interne du Parlement et de son règlement intérieur, échappant à la compétence juridictionnelle. Surtout, l’avis est intervenu alors que la plénière était déjà ouverte. Le Pastef et le Bureau de l’Assemblée n’ont pas attendu.

Sonko réintégré et élu président de l’Assemblée

Dès 9h23, la séance a débuté. En quelques heures, Ousmane Sonko a été réintégré comme député, puis élu président de l’Assemblée nationale par 132 voix sur 133 votants, l’opposition ayant boycotté le scrutin. La déclaration d’incompétence du Conseil, rendue en cours de journée, n’a eu aucune conséquence pratique sur ces actes déjà consommés.

Le débat juridique : incompatibilité ou suspension du mandat ?

La controverse opposait deux lectures de la Constitution. L’opposition (Takku Wallu Sénégal) invoquait l’article 54, qui établit l’incompatibilité entre les fonctions gouvernementales et le mandat parlementaire. Selon elle, Ousmane Sonko, en conduisant la liste du Pastef aux législatives de novembre 2024 tout en étant Premier ministre, avait fait un choix définitif pour l’exécutif.

Le Pastef s’appuyait quant à lui sur l’article 56, qui permet à un député nommé au gouvernement de retrouver son siège à l’issue de ses fonctions. La thèse de la « suspension » du mandat, jamais abandonné, a prévalu dans l’hémicycle.

Une défaite politique pour Diomaye Faye

Au-delà des subtilités juridiques, cette séquence révèle les tensions croissantes entre les deux anciens alliés. En tentant de bloquer Sonko, Diomaye Faye espérait sans doute freiner son retour en première ligne. C’est l’inverse qui s’est produit : l’ex-Premier ministre s’impose désormais à la tête du Parlement, une position stratégique pour la suite du quinquennat.

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