Pour propulser son industrie cinématographique et révéler son patrimoine au monde, le gouvernement béninois, à travers la Société de production audiovisuelle (SOPA SA), mise sur une formation intensive et inédite de douze semaines en partenariat avec le géant nigérian Kunle Afolayan.
Une initiative stratégique pour valoriser la culture béninoise
Le Bénin s’apprête à réinventer son univers cinématographique et audiovisuel. Dans le cadre d’une vision stratégique visant à valoriser sa culture, la SOPA SA déploie un programme d’envergure : le Filmmaking Bootcamp, un accélérateur de talents. Initiée sous la tutelle du gouvernement béninois, cette initiative marque un tournant décisif dans la professionnalisation des jeunes créateurs béninois.
Comme l’explique Sinatou Saka, administratrice déléguée de la SOPA SA : « La SOPA n’est qu’un outil mis en place par le gouvernement du Bénin pour permettre à des jeunes talentueux dans le domaine de la cinématographie de se professionnaliser davantage et d’avoir accès à une opportunité unique. »
Un programme en deux phases : théorie au Bénin, production au Nigeria
Ce programme rigoureux rassemble 20 jeunes talents issus de l’écosystème béninois, décrits comme dynamiques, engagés et créatifs. Durant un parcours de douze semaines, ils alterneront entre théorie et immersion totale dans la puissante industrie nigériane.
Oswald Rudi Eyebiyi, responsable de SOPA Académique, en détaille le chronogramme : « Ce programme se déroule en 12 semaines : 4 semaines de théorie qui se dérouleront au Bénin et 8 semaines au Nigeria. »
Une fois au Nigeria, plus précisément à Lagos, dans l’État d’Oyo, le rythme s’accélérera. « Au cours de ces 8 semaines, on aura 3 semaines de spécialisation, 3 semaines de production et enfin 2 semaines de post-production », précise Eyebiyi. L’objectif final est d’aboutir à deux courts-métrages produits et distribués, répondant aux normes internationales.
Un partenariat stratégique avec Kunle Afolayan
Le grand atout de ce bootcamp réside dans son partenariat avec la Kap Film & Television Academy, dirigée par le célèbre réalisateur nigérian Kunle Afolayan. Un choix stratégique que la SOPA défend fermement.
« La crédibilité du partenaire n’est plus à démontrer », soutient Oswald Rudi Eyebiyi. « Il s’agit quand même d’Afolayan, CEO de la KAP Film & Television Academy, qui s’est déjà distingué par des productions de haut vol, distribuées sur de grandes plateformes comme Netflix et à travers tout le continent. »
Pour Sinatou Saka, intégrer cet écosystème est une chance inestimable pour les participants de « bénéficier du talent et de l’expérience de Kunle Afolayan, mais surtout de pouvoir entrer dans son univers, aller dans son écosystème pour voir comment concrètement on fait des films ».
Une approche pragmatique et immersive
Le programme ne se contente pas de survoler le septième art. Il propose une approche globale et pragmatique. Scénaristes, réalisateurs, monteurs et directeurs de la photographie suivront une formation basée sur une démarche qui permet aux participants d’apprendre en pratiquant directement.
Raconter le patrimoine béninois sur les grands écrans
L’enjeu fondamental reste l’identité culturelle et le rayonnement du pays. Le cinéma est ici perçu comme une arme de soft power massive, capable de transformer les imaginaires. Pendant le bootcamp, chaque talent sera invité à écrire et produire autour du patrimoine national.
Sinatou Saka rappelle à ce titre les efforts consentis par le pays ces dernières années : « Le Bénin a essayé de montrer au monde qu’il avait des arts qualitatifs, qu’il avait une culture à vendre, qu’il y avait de la valeur et qu’il avait aussi un patrimoine capable de dire quelque chose de qui nous sommes. Et donc, c’est vraiment dans cette optique de raconter davantage et mieux cette culture, raconter davantage mieux notre patrimoine, le propulser sur les grands écrans. »
Une synergie prometteuse pour le cinéma africain
En associant la richesse culturelle béninoise à la puissance de frappe industrielle du Nigeria, la SOPA espère non seulement propulser ses talents, mais aussi utiliser cet outil pour montrer au monde qui nous sommes et attirer vers nous davantage de regards. Une synergie prometteuse pour que l’Afrique raconte par elle-même ses propres histoires.
JDD



