(Les Béninois exigent d’évaluer tous les projets)
Le football béninois s’apprête à tourner une page. L’élection du prochain président de la Fédération béninoise de football (FBF), prévue le 22 août 2026, est attendue comme un moment charnière. Après des années marquées par des résultats en dents de scie et des critiques récurrentes sur la gestion, les observateurs et les passionnés réclament une rupture, un changement de cap porté par une vision claire et un programme ambitieux.
Un bilan contrasté sous l’ère de Chacus
Sous la présidence de Mathurin de Chacus, le football béninois a connu quelques coups d’éclat, certes, mais sans jamais parvenir à franchir le cap de la professionnalisation. Les critiques sont nombreuses : manque de vision structurante, gestion parfois opaque, résultats sportifs en deçà des attentes, et une fédération qui n’a pas su s’imposer comme un véritable moteur de développement. « On n’a pas vu une fédération professionnelle capable de faire rêver », entend-on dans les travées du football béninois. L’absence de grands chantiers, de réformes profondes et de stratégie de rayonnement international laisse un goût d’inachevé. Le départ annoncé de l’actuel président doit ouvrir la voie à une nouvelle classe dirigeante, plus jeune, plus dynamique, plus en phase avec les réalités du football moderne.
Fin du favoritisme, place à la compétence
L’heure n’est plus aux arrangements ni aux choix de complaisance. Il ne s’agit pas de parachuter un favori ou de reconduire des pratiques héritées d’un passé que les Béninois veulent dépasser. « Ce n’est pas du copinage », insistent les acteurs du secteur. Le prochain président de la FBF doit être un homme de programme, un bâtisseur, un stratège capable de faire du football béninois un véritable levier de développement économique et social.
Le modèle des fédérations performantes, que ce soit en Europe ou ailleurs sur le continent, montre que le succès vient de têtes pensantes, de dirigeants qui ne se contentent pas de gérer l’existant mais qui anticipent, réforment et professionnalisent.
Un débat public pour départager les candidats
Pour garantir la transparence et permettre aux électeurs de faire un choix éclairé, une idée forte émerge : organiser un débat public où chaque candidat serait tenu de plancher devant la presse. « L’étendue a dit que pour ce faire, il faut que les candidats fassent l’obligation de plancher devant la presse », soulignent les promoteurs de cette initiative.
Chaque candidat pourrait ainsi exposer son programme devant un groupe de journalistes, sur la chaîne publique, afin de révéler ses ambitions et ses propositions concrètes. Ce dispositif, porté par des acteurs du secteur, faciliterait l’appui des journalistes pour connaître, dans le fond, ce que chaque candidat ou chaque liste prépare pour le football béninois. Une manière de mettre fin aux promesses floues et de forcer les prétendants à dévoiler leurs véritables intentions.
Un diagnostic sévère des années écoulées
Les critiques fusent sur la gestion passée. Certains évoquent un épisode marqué par l’absence de réalisations concrètes, une fédération qui n’a pas su se professionnaliser et un manque de vision structurante. Les dirigeants sortants, bien que proches des ambitions du pouvoir, n’ont pas su répondre aux attentes. Le défi est désormais de trouver une personnalité capable de porter une ambition nouvelle, alignée avec les aspirations du pays, comme l’ancien président Patrice Talon a su l’inculquer au Bénin en dix ans de gestion du pouvoir d’État.
Rajeunir la maison et professionnaliser la gouvernance
L’un des appels les plus pressants est celui du renouvellement générationnel. « Il faut rajeunir la maison », clament les voix qui s’élèvent. Mais rajeunir ne suffit pas. Il faut aussi professionnaliser. Un comité d’évaluation, sous l’égide du ministère des Sports, pourrait être mis en place pour évaluer les candidats sur la base de leur programme et assurer un suivi rigoureux de leurs actions une fois en poste. L’idée est de ne plus se contenter de promesses mais d’exiger des résultats concrets, mesurables, dans le temps et surtout en phase avec les ambitions du pays.
Les Béninois exigent d’évaluer tous les projets
Les acteurs du football béninois ne veulent plus de promesses en l’air. Ils exigent des programmes clairs, chiffrés, avec des objectifs précis et des délais de réalisation. « Il faut que les candidats présentent des projets évaluables, des feuilles de route avec des indicateurs de performance », insistent les observateurs. Cette exigence de transparence et de redevabilité est perçue comme une condition sine qua non pour que le football béninois sorte enfin de l’ornière.
Le football comme levier de développement
Le Bénin, sous l’impulsion du gouvernement Talon, a montré sa capacité à mener des réformes ambitieuses. Le football doit être le prochain chantier avec le gouvernement Wadagni. Une fédération bien gérée, professionnelle et tournée vers l’avenir peut devenir un moteur d’industrialisation du sport, de création d’emplois et de rayonnement international. « Le gouvernement doit attacher du prix à ce que celui qui doit être président de la fédération soit quelqu’un qui ait dans la tête en matière de promotion de l’industrialisation et du professionnalisme du football », soulignent les observateurs.
Un défi pour le président de la République
Enfin, le rôle du président de la République est déterminant. C’est à lui que revient la responsabilité de veiller à ce que l’élection ne soit pas un simple jeu de chaises musicales, mais un véritable tournant. Si les résultats ne sont pas au rendez-vous, des sanctions doivent être envisagées, comme dans toute entreprise performante. « Il faut être dur », martèlent les défenseurs du changement.
Le football béninois mérite mieux qu’une gestion tiède à la de Chacus. Il mérite une vision, une ambition, des résultats comme semble le proposer l’initiative « Ensemble, plus loin ». L’élection à venir est l’occasion de le prouver.
Akkilou YACOUBOU



