La Commission électorale nationale autonome (CENA) a tranché. Elle a rendu publique la liste officielle des localités où les partis politiques sont habilités à désigner les chefs de village et de quartier de ville, conformément aux résultats des élections communales du 11 janvier 2026. En application de l’article 201 du Code électoral, cette décision officialise le droit de désignation pour les deux formations politiques en lice : l’Union Progressiste Le Renouveau (UP Le Renouveau) et le Bloc Républicain (BR). Une clarification attendue qui permet désormais à chaque parti de savoir dans quelles localités il peut exercer sa prérogative.
Mais la décision comporte une exception notable. Le village d’Agbotavou, situé dans l’arrondissement d’Atomey (commune d’Aplahoué), échappe pour l’instant à cette répartition. Le droit de désignation y est temporairement suspendu. Pourquoi ce cas particulier ? La réponse se trouve dans un arrêt de la Cour suprême. L’arrêt n°97 du 19 février 2026 a en effet réhabilité 17 bulletins de vote initialement déclarés nuls. Un revirement judiciaire qui modifie potentiellement l’équilibre des forces dans cette localité.
Face à cette situation, la CENA se trouve dans l’impossibilité matérielle de déterminer avec certitude le parti majoritaire à Agbotavou. L’institution explique que la répartition géographique des 17 bulletins réhabilités n’est pas encore clarifiée. Dans l’attente de ces précisions, elle a donc choisi la suspension provisoire du droit de désignation pour ce village. Une prudence qui témoigne de la volonté de la CENA de respecter scrupuleusement la décision de la plus haute juridiction du pays.
L’institution électorale rassure cependant : une décision modificative sera publiée dès que la répartition par poste de vote aura été clarifiée. Le cas d’Agbotavou n’est donc qu’un suspens temporaire, et les populations de ce village sauront bientôt à quel parti revient la responsabilité de désigner leur chef.
Jean De Dieu TRINNOU



