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Afrique

Sénégal : Pourquoi le Conseil constitutionnel a-t-il invalidé la réforme de Sonko ?

Le Conseil constitutionnel sénégalais a infligé un sévère revers à Ousmane Sonko. Ce jeudi 9 juillet 2026, les sages ont invalidé la réforme constitutionnelle adoptée par l’Assemblée nationale, qui visait à renforcer les pouvoirs du Parlement et du président de l’Assemblée au détriment de ceux du président de la République.

Une décision qui intervient dans un contexte de tensions

La décision du Conseil constitutionnel survient dans un climat de rivalité croissante entre le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, et le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko. Saisi par le président Faye, le Conseil a jugé le texte « contraire à la Constitution ».

Parmi les motifs invoqués : l’absence de dispositions financières pour accompagner la création d’une nouvelle Cour constitutionnelle, ainsi que des irrégularités dans la procédure parlementaire, notamment lors de l’examen des amendements du gouvernement.

Une réforme ambitieuse, désormais caduque

Portée par la majorité parlementaire du Pastef, dirigée par Ousmane Sonko, la réforme ambitionnait de rééquilibrer les pouvoirs entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Elle prévoyait notamment de limiter certaines prérogatives du président de la République, comme la possibilité de diriger un parti politique, et d’élargir les pouvoirs d’enquête de l’Assemblée nationale.

Un revers politique pour Sonko

La décision du Conseil constitutionnel constitue un revers politique pour Ousmane Sonko, devenu président de l’Assemblée nationale après son départ forcé du poste de Premier ministre le 22 mai dernier. Son parti dispose pourtant d’une large majorité de 130 sièges sur 165 au Parlement.

Pour le Pastef, la réforme devait moderniser le fonctionnement des institutions sénégalaises. Pour le gouvernement, elle avait été engagée sans concertation suffisante.

Le Conseil constitutionnel, arbitre du rapport de force institutionnel

En tranchant contre ce texte, le Conseil constitutionnel s’impose une nouvelle fois comme l’arbitre du rapport de force institutionnel entre la présidence et l’Assemblée nationale. Une décision qui pourrait encore accentuer les tensions entre les deux principaux pôles du pouvoir exécutif et législatif sénégalais.

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