La violence ne faiblit pas au Nigeria. Ce week-end, dans l’État de Zamfara, épicentre des attaques criminelles et jihadistes, un groupe armé a enlevé 52 personnes dans le village de Kasuwar Daji. Un nouveau drame qui illustre l’impuissance des forces de sécurité face à la vague d’enlèvements de masse qui sévit dans le nord du pays.
Il est un peu plus d’une heure du matin, dimanche 2 août, lorsque des hommes armés, juchés sur des motos, font irruption dans les maisons du village. Ils prennent plusieurs dizaines d’habitants en otage avant de disparaître dans la nuit. Pourtant, à quelques kilomètres de là, une base militaire de l’opération Fansan Yamma est déployée précisément pour lutter contre les vagues de kidnapping et les vols de bétail qui ravagent la région.
Avant de s’en prendre aux villageois, les assaillants ont d’abord ciblé le campement militaire. Les échanges de feu ont fait deux morts — un soldat et un policier — et deux militaires blessés. Malgré ce bilan humain, l’armée évoque dans un communiqué publié dimanche une « défense réussie » et « un revers opérationnel important pour les terroristes ». Une communication qui contraste avec la réalité du terrain, où les enlèvements se multiplient.
Dans un bilan mensuel publié en fin de semaine, les forces de sécurité nigérianes affirment avoir secouru, au mois de juillet, 393 victimes d’enlèvements, tout en neutralisant et arrêtant plusieurs centaines de « terroristes ». Des chiffres qui témoignent de l’intensité des opérations, mais aussi de l’ampleur d’une violence qui ne semble pas près de s’arrêter.
Les enlèvements contre rançon sont devenus une activité lucrative pour les groupes armés, qui exploitent l’absence d’État et la vulnérabilité des populations rurales. Le nord-ouest du Nigeria, et en particulier l’État de Zamfara, reste l’une des zones les plus dangereuses du pays, malgré les efforts des autorités pour endiguer la violence.
WM



