(Dans la réalité, Bertin Koovi n’a aucune conviction, mis à part son départ du BR)
Le président du parti naissant, le Rassemblement du Peuple Béninois pour le Développement (RPB-D), Bertin Koovi, démissionnaire du Bloc Républicain (BR) après la lourde sanction qui lui a été infligée, est gêné aujourd’hui de voir le président Abdoulaye Bio Tchané occuper le poste de président du Conseil Économique et Social (CES) tout en gardant sa casquette de leader du BR. Dans le même temps, il s’offusque de voir la même situation chez le président Joseph Djogbénou, président de l’Assemblée nationale et président de l’UP-R.
La question a même été au menu d’un récent entretien du docteur Koovi accordé à une télévision de la place.
Or, tout le monde a vu Bertin Koovi dans ce pays quand il défendait, en militant du BR, les positions du ministre d’État Abdoulaye Bio Tchané, président de ce parti. Nulle part l’activiste politique n’avait éprouvé de gêne à voir le président de son parti faire le tour du pays comme ministre d’État et parfois comme président du Bloc Républicain. Mais aujourd’hui, l’analyste politique s’en offusque, sans pouvoir justifier le paradoxe entre son soutien quelques mois plus tôt et son opposition actuelle.
À y voir clair, et pour qui connaît l’homme aux audios, ancien commandant en chef de l’opposition au président Patrice Talon avant de venir à ses côtés, il n’a pas l’habitude d’un tel acharnement sans conviction. Les recherches autour du leader de l’Alliance Iroko montrent clairement qu’il est au service d’un ancien collaborateur du président Talon : un jeune obnubilé par le fauteuil de président du Bloc Républicain. Et pour y arriver, il faut que Abdoulaye Bio Tchané soit éjecté de son siège de président du BR.
Mais ne pouvant mener une rébellion ouverte au risque de subir les conséquences d’une atteinte aux fondamentaux du parti, il s’est réfugié derrière la plume et la voix de Bertin Koovi. Il cherche non seulement à indisposer le président Abdoulaye Bio Tchané, mais surtout à tester si le leader charismatique des deux Blocs, le président Talon, prêtera attention aux interventions de l’homme aux audios.
Personne ne pouvant dénoncer son commanditaire, le jeune politicien se sent suffisamment à couvert. Le cas du président Djogbénou, que Bertin Koovi ajoute exprès, sert juste de caution pour effacer l’impression d’un harcèlement ciblé contre le président Abdoulaye Bio Tchané. Pour certains, ce dernier est victime de l’ouverture d’esprit qu’il a inscrite au fronton du Bloc Républicain. Car accepter Distel Amoussou, Loth Houénou et Bertin Koovi au même moment au sein d’une seule formation politique relevait du suicide. La suite, tout le monde l’a vue. Il faut remarquer que le président Abdoulaye Bio Tchané adopte trop une posture de père de famille. Avec Distel Amoussou, Loth Houénou et Bertin Koovi sur un même cheval, fût-il blanc et cabré, la tension est vite arrivée. Qui peut jurer aujourd’hui que ces trois camarades se parlent encore dans ce même parti politique ?
Aboubakar TAKOU



