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Afrique

Scandale des passeports en RDC : 14 personnes poursuivies en Belgique

L’affaire des passeports biométriques congolais connaît un nouveau tournant en Belgique. La justice belge a décidé, lundi 1er septembre 2026, de renvoyer 14 personnes devant un tribunal correctionnel. Elles sont poursuivies dans le cadre d’une enquête sur des soupçons de corruption et de détournement de fonds liés au contrat signé entre la République démocratique du Congo (RDC) et la société belge Semlex.

Parmi les personnes concernées figurent Albert Karaziwan, directeur de Semlex, et Emmanuel Adrupiako, ancien conseiller financier de l’ex-président congolais Joseph Kabila. D’autres inculpés seraient des cadres de l’entreprise, des intermédiaires financiers et des proches de l’ancien régime. Leurs identités n’ont pas été rendues publiques, en raison du secret de l’instruction et de la présomption d’innocence.

En effet,le dossier remonte à 2015, lorsque les passeports biométriques fabriqués par Semlex ont commencé à être délivrés en RDC. Le document était alors vendu 185 dollars. Un prix jugé particulièrement élevé en comparaison avec le coût des passeports dans de nombreux autres pays.

L’affaire a pris une nouvelle dimension après les révélations de l’enquête « Congo Hold-Up ». Celle-ci a notamment fait état de soupçons concernant le détournement de 60 dollars sur chaque passeport. D’après les éléments du dossier, cet argent aurait alimenté un système de commissions au profit de plusieurs acteurs.

Au total, près de 60 millions de dollars auraient été détournés dans le cadre de ce marché, selon les éléments de l’enquête. Ces accusations devront cependant être examinées par le tribunal, qui devra déterminer les responsabilités de chaque personne poursuivie.

L’enquête judiciaire belge avait commencé en janvier 2017. Elle faisait notamment suite à l’interpellation, à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem, d’un intermédiaire lié au contrat. Celui-ci avait été trouvé en possession de 400 000 dollars en espèces. Cette découverte avait conduit les enquêteurs à approfondir leurs recherches sur les conditions d’attribution et l’exécution du marché des passeports.

Des citoyens congolais et plusieurs associations se sont constitués parties civiles dans cette affaire. C’est notamment le cas de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH). Leur avocat, Alexis Deswaef, considère le renvoi devant le tribunal comme une étape importante dans la lutte contre la corruption transnationale.

Pour l’avocat, le dossier revêt également une portée particulière puisqu’il concerne une entreprise occidentale appelée à répondre devant la justice de faits présumés liés à ses activités dans un pays africain.

Après plusieurs années d’enquête, le dossier entre donc dans une nouvelle phase. Le procès devra permettre aux juges d’examiner les éléments réunis par les enquêteurs, de déterminer les responsabilités individuelles des 14 personnes renvoyées devant le tribunal et de vérifier la réalité des faits qui leur sont reprochés. À ce stade, toutes restent présumées innocentes jusqu’à une éventuelle condamnation définitive.

Fallone CHABI-BONI

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