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Société

EMI-Art Parakou : Le street art au service de la cohésion sociale

Dans la perspective d’élections apaisées, l’association Street Hum’Art a placé l’art et la culture au cœur de la cohésion sociale. Le projet « SAWARA », soutenu par CFI et co-exécuté par l’IGD et Banouto, a été l’occasion d’une démarche originale mêlant Éducation aux Médias et à l’Information (EMI) et art urbain. Du 24 au 27 mars 2026, les populations de Parakou ont été sensibilisées à travers une fresque murale qui raconte une histoire : celle de la désinformation à la sagesse communautaire.

Un bouclier intellectuel contre la désinformation

Le projet « Intégrité de l’Information et Cohésion Sociale au Bénin : SAWARA » a identifié l’EMI comme le bouclier intellectuel essentiel pour renforcer la résilience des communautés face à la désinformation. Pour donner un impact visuel, durable et communautaire aux notions théoriques débattues en salle, les organisateurs ont choisi de traduire ces concepts en une œuvre d’art urbaine.

L’approche pédagogique repose sur le concept d’Éducation Populaire et d’Éducation artistique et culturelle. Il s’agit de sortir l’apprentissage de l’espace clos de la salle de conférence pour le transposer dans l’espace public. La réalisation d’une fresque murale « à quatre mains » désacralise l’art et implique directement les leaders d’opinion. Le graffiti sert ici de cheval de Troie pédagogique : il éveille la curiosité, suscite le débat de rue et permet d’éduquer les populations de manière informelle.

Une fresque qui raconte une histoire

Conçue comme une histoire, la fresque se lit de gauche à droite, guidant le spectateur de la désinformation vers la sagesse communautaire. Elle s’ouvre sur un personnage vu de dos, vert de colère face à une fausse information, avec le message : « Ta colère est leur profit. Ne partage pas ton indignation, partage la vérité. »

En contraste, un personnage féminin au sourire sincère entre en scène, munie d’une loupe pour scruter les faits. Son message est clair : « Trop choquant pour être vrai ? Cherche la preuve ailleurs. » Un second smartphone détaille les étapes de vérification, entouré des icônes de Facebook, Instagram, TikTok et des médias traditionnels.

Le cœur de la fresque rassemble toutes les générations – hommes, femmes, enfants, personnes âgées – unies côte à côte. Au-dessus d’eux trône le message central : « Une info vérifiée construit, un mensonge détruit, partage avec sagesse. SAWARA, notre vivre ensemble. »

Les artistes du label SHA CREW à l’œuvre

Cette fresque a été réalisée par les artistes du label SHA CREW de Street Hum’Art : Ayi Pierre TYPAMM, BODO Thierry, ZANNOU Manon, VIAKINNOU Shéridane, BOKPIN Dieudonné, Benard VINAGBE, Lopez LAWSON, Olatoundji ODJO, BIAOU Aristide et Ghislain HOUNKPONOU.

L’œuvre s’achève par une phrase forte : « La rumeur divise, le média professionnel nous éclaire. Vérifie avant de croire. » À Parakou, l’art s’est ainsi fait le porte-voix d’une citoyenneté éclairée et responsable.

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Akkilou YACOUBOU

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