(Mettre habilement Wadagni en difficulté)
Coup de gueule contre Talon par-ci, coups de pied contre Djogbénou et ABT par-là, le « je-sais-tout du Bénin » savait réellement où il allait. Puisque le président de l’Assemblée, Maître Joseph Djogbénou, ne prend pas son verre dans la même gargote que lui, impossible de le connaître. Ils ne sont pas amis et il n’est pas son militant ni adepte du plus grand parti politique du pays, l’UP-R.
C’est plutôt le président Abdoulaye Bio Tchané, le père de famille au cœur grand comme l’Himalaya, qui s’y est frotté, mais avec un regret qui continue de le faire réfléchir. Le BR ne doit pas laisser son portail ouvert à tout. Le crime du président Talon, malgré l’évidence qu’il avait voulue de faire de ce monsieur un homme, a été de laisser le Bloc Républicain le virer, pour le bonheur des membres de l’Exécutif de ce grand parti.
Mais rien de tout ceci ne justifie cet acharnement contre les trois : Talon, ABT et Djogbénou. Il en veut plutôt au président Wadagni. Pour lui qui crie sur tous les toits son désir et sa soif millénaire d’être nommé, Wadagni lui devait une oreille attentive : le nommer ministre ou quelque chose au palais. Malheureusement pour lui, sur ce registre, c’est parmi les meilleurs et les plus méritants que l’ancien ministre d’État devenu président de la République trie ses collaborateurs. Aucune chance donc. Il n’y a pas de place pour les rigolos, guignols politiques et autres bouffons du roi. Wadagni est jeune. Il n’est pas dans le culte de la personne. Ce serait simplement se tirer un tomahawk dans le pied que de faire la promotion d’un homme instable capable de ramener tous les documents et secrets d’État sur les réseaux sociaux.
Ayant compris que personne ne lui fait suffisamment confiance pour lui confier même la garde d’un poulet, le plus intelligent de la République, qui comprend toutes les langues du pays, a décidé de se venger. Avouons qu’en la matière, il a fait preuve d’un génie maléfique digne d’admiration. Le président Wadagni ne le décroche plus, et ce, même avant les élections. Il faut dire qu’il étouffait même le candidat en se retrouvant partout, sans invitation. Ne répondant plus à ses nombreux messages, audios et vidéos, il faut qu’il le mette en difficulté. Comme trouvaille, il sort la carte d’attaquer son ancien mentor, son ami, son frère, le président Talon et ses deux partenaires politiques Joseph Djogbénou et Abdoulaye Bio Tchané, tout en prenant le soin de dresser des lauriers au président de la République. Résultat escompté : les présidents Talon, ABT et Djogbénou allaient, de façon grégaire, croire à une mission du président de la République.
Mais c’était sans compter avec l’intelligence politique de ces dirigeants. Très tôt, ils ont compris la fourberie et en ont ri aux larmes. Tout de suite, l’information a circulé. C’est donc en mesures de coercition que certains membres de l’entourage du président Wadagni ont décidé de surveiller l’entourage du génie maléfique pour voir celles et ceux qui lui donnent à manger et de l’argent pour jouer au diablotin.
N’étant pas un héritier et n’exerçant aucun job dans la cité, tous ses revenus proviennent certainement du racolage et des chantages voilés. Ses victimes auront maintenant le malheur d’être doublement victimes. Si elles cèdent à ses chantages, donnent des moyens, elles seront identifiées et punies comme des éléments finançant des attaques verbales préjudiciables à l’institution qu’est le président de la République.
Maintenant que chacun sait la stratégie du monsieur, il peut s’acheter des vuvuzelas pour insulter les présidents Talon, ABT et Djogbénou. Le jeu est connu.
Aboubakar TAKOU



