En moins de 48 heures, une opération policière à Parakou a tourné au scandale d’État, entraînant le limogeage du Ddpr Baudelaire Ségoh. Après la reconnaissance officielle d’une « bavure » par le ministre de l’Intérieur et les excuses de la police, une question subsiste : Ségoh a-t-il agi par zèle excessif ou dans le cadre d’une manœuvre politique ?
L’opération, qui visait un rassemblement non autorisé, a donné lieu à plus de 400 interpellations et des saisies massives. Avec seulement 7 organisateurs présumés arrêtés, elle ressemble plus à une rafle collective qu’à une action ciblée, paralysant le quotidien de nombreux jeunes et ajoutant une « couche de confusion et de colère ».
Alors qu’un Ddpr peut mener des interventions discrètes, Ségoh a opté pour le spectaculaire et le massif. Le timing et l’ampleur de l’opération interrogent : s’agissait-il d’une erreur de jugement ou d’une volonté délibérée de créer un choc ?
Certaines analyses suggèrent une possible connivence avec des éléments cherchant à déstabiliser la République. En provoquant une bavure d’une telle visibilité, l’objectif inavoué aurait été de nuire à l’image du président Talon auprès de la population.
Ségoh, désormais limogé, détient peut-être les clés de cette affaire. Sa version des faits, devant une commission d’enquête ou confiée au chef de l’État, est cruciale pour déterminer si cette bavure fut une simple faute professionnelle ou l’expression d’une lutte souterraine au sein de l’appareil sécuritaire.
Worou MERE



