Deux semaines loin de la grosse envie de faire campagne, de prendre son bain de foule et de profiter pour jeter quelques piques à son frère ennemi, Patrice Talon, et Boni Yayi n’en peut plus. Il vaut mieux, selon lui, le priver de toute la fortune de ce monde que de l’éloigner de ce bonheur, son sport favori.
Mais voilà que la partie veut finir sans cette touche du numéro 1 du parti Les Démocrates. Si les circonstances l’obligent à cette rectitude infernale, le champion des surfaces politiques toutes catégories confondues, juste derrière son petit frère Rachidi Gbadamassi, doit se fendre en quelque chose pour exister dans cette campagne électorale. Et c’est ainsi que le président Yayi a trouvé la feinte idéale, le parfait dribble oratoire pour se montrer.
À travers une déclaration télévisée qui sera diffusée vendredi, c’est-à-dire à la fin de la campagne, Docteur Boni Yayi va remercier les Béninois qui ont fait mille prières à son endroit au moment de sa retraite sanitaire. Il profitera bien entendu, de l’occasion pour présenter ses vœux aux Béninois en général et aux militants du parti LD en particulier.
Mais le vrai but de toute cette manœuvre sera le volet de la victimisation, où l’ancien président expliquera à ses compatriotes les circonstances du retrait présumé de sa garde rapprochée. Il appellera de manière insidieuse les Béninois à considérer son cas. Voir comment le système en place « veut le tuer ». Un exercice dans lequel le leader LD est passé maître. L’intention est claire : tenter de livrer le chef de l’État à la vindicte populaire bien avant le scrutin du dimanche 11 janvier.
Mais en agissant ainsi, docteur Boni Yayi aura assouvi une envie, une belle petite vengeance personnelle. Toutefois, le prix à payer risque d’être plus lourd que ce petit plaisir.
Son fils Chabi a été récemment interpellé dans cette vilaine affaire d’attaque du 7 décembre dernier. Il n’a pas été totalement blanchi puisqu’il est toujours sous le coup d’une convocation. Est-ce le moment d’irriter qui que ce soit ?
Ceux qui vont écouter la déclaration de l’ancien président vendredi prochain sauront bien comment la juger, en fonction de sa substance, par rapport au scrutin du dimanche. La suite, Yayi lui-même aura le temps de la vivre.
C’est une évidence que nous sommes en démocratie où chacun est libre de ses opinions. Mais il y a toujours une suite.
À suivre…
Aboubakar TAKOU



