Le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, est intervenu ce jeudi pour apporter un éclairage officiel sur le faible taux de participation (36,73%) enregistré lors des élections législatives du 11 janvier dernier. Face à ce chiffre, le gouvernement invoque une double explication, à la fois technique et politique.
Un bouleversement technique : la fin de l’inscription volontaire
La première raison avancée par le gouvernement est d’ordre systémique. Wilfried Léandre Houngbédji a tenu à rappeler que les taux de participation élevés du passé – parfois supérieurs à 70% dans les années 90 – étaient calculés sur une base fondamentalement différente. À l’époque, l’inscription sur les listes électorales était un acte volontaire et proactif.
« Logiquement, le pourcentage de participation était élevé, puisque la liste électorale était constituée essentiellement de personnes motivées à aller voter », a-t-il expliqué.
Le système actuel, basé sur une base de données numérisée et automatisée, a changé la donne. Désormais, tout citoyen béninois atteignant la majorité est automatiquement inscrit. Cette réforme a considérablement élargi le fichier électoral, qui dépasse aujourd’hui les sept millions d’inscrits, y compris des personnes qui n’auraient pas nécessairement initié une démarche pour voter. Pour le gouvernement, comparer les taux anciens et actuels reviendrait donc à « comparer des choses qui ne sont pas comparables ».
Un contexte politique apaisé… trop apaisé ?
Au-delà de l’argument technique, le porte-parole a assumé un facteur politique pour expliquer la démobilisation. Il a souligné que l’absence du président Patrice Talon dans la campagne – n’étant pas directement candidat – a pu jouer un rôle.
Selon cette analyse, une partie de l’électorat, habituée à voir le chef de l’État au centre des débats, ne se serait pas sentie suffisamment concernée par un scrutin purement législatif. À l’inverse, d’autres citoyens, estimant que « les choses fonctionnent » sous l’actuel régime, n’auraient pas jugé nécessaire de se déplacer, préférant observer l’évolution politique future.
Une tendance basse qui se confirme
Les chiffres historiques montrent que la participation aux législatives fluctue mais semble se stabiliser à un niveau bas depuis le dernier quinquennat. Après un pic à 65,9% en 2015, elle avait chuté à 27,12% en 2019, puis était remontée à 37,79% en 2023. Le taux de 2026 (36,73%) s’inscrit dans cette dynamique récente, loin des niveaux des décennies précédentes.
WM



