L’Autorité de régulation du secteur de la santé (ARS) a haussé le ton, jeudi, dans la lutte contre les faux médicaments. Lors d’un point de presse au Palais des congrès de Cotonou, la Présidente du Conseil de surveillance du sous-secteur pharmaceutique, le Dr Nathalie Migan Diogo, a tiré la sonnette d’alarme sur les dangers de ces produits illicites pour la santé publique, tout en réaffirmant la détermination de son institution à les éradiquer.
Un organe de régulation pour un médicament sûr et accessible
Créé en septembre 2022, le Conseil de surveillance du sous-secteur pharmaceutique est un organe spécialisé de l’ARS. Le Dr Migan Diogo a rappelé que sa mission est de réguler le secteur « à travers l’orientation et le contrôle de l’activité technique » des institutions clés comme l’Agence béninoise du médicament. L’objectif est double : garantir l’accès à des médicaments de qualité et à des prix abordables pour la population béninoise.
Un danger mortel sous plusieurs formes
La Présidente du Conseil n’a pas minimisé l’ampleur de la menace. Elle a détaillé les différentes formes que peuvent prendre les faux médicaments, tous plus dangereux les uns que les autres. « Parmi ces faux médicaments, il y en a qui ne contiennent aucun principe actif, c’est-à-dire aucune molécule qui soigne, ou en contiennent trop peu pour être efficaces. La conséquence est que la maladie s’aggrave, allant parfois jusqu’au décès », a-t-elle expliqué. Pire encore, certains « contiennent des substances toxiques, qui peuvent provoquer des maladies graves et chroniques, comme les insuffisances rénales ou hépatiques, et qui peuvent bien sûr être fatales ». Pour elle, cette lutte est une question de « santé publique et de survie collective ».
Saisies, arrestations et appel à la vigilance
Face à ce fléau, des actions concertées sont menées. Le Dr Migan Diogo a indiqué que son Conseil travaille en étroite collaboration avec la police, la douane et la justice pour multiplier les opérations sur le terrain, notamment des saisies et des arrestations. Une approche qui porterait déjà ses fruits en réduisant « progressivement la circulation des produits falsifiés ».
Salutant les efforts du gouvernement, la Présidente a aussi lancé un appel solennel à la population : « Face à ces dangers, il est essentiel que la population s’approvisionne exclusivement auprès des pharmacies ou autres structures formellement autorisées, seule garante de produits sûrs et de qualité. » Un message de vigilance qui s’accompagne d’une promesse : celle de ne « ménager aucun effort » pour protéger la santé des Béninois.
Worou MERE



