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Politique

Bilan des huit années du Président Patrice Talon dans le secteur de l’éducation : Salimane KARIMOU, le merle blanc des réformes du Gouvernement dans le sous-secteur des enseignements maternel et primaire

Après la prestation de serment du président Patrice Talon le 06 avril 2016, au lendemain de sa brillante élection à la magistrature suprême du Bénin sur la base d’un projet de société très ambitieux dénommé « Nouveau départ », un gouvernement a été formé pour conduire la réalisation des différents axes du programme de développement pour lequel il a été élu. Le portefeuille des enseignements maternel et primaire a été confié à un professionnel du domaine en la personne de l’Inspecteur Salimane KARIMOU, un homme du sérail qui connaissait parfaitement “la maison” car ayant été Secrétaire Général du Ministère qu’il est dorénavant appelé à diriger. Travailleur infatigable, épris d’un sens prononcé et aigu de rigueur, il a engagé le ministère à relever les nombreux défis auxquels ce sous-secteur de l’éducation était confronté par l’ouverture de vastes chantiers de modernisation et d’innovation dans le sous-secteur des enseignements maternel et primaire.

De l’amélioration qualitative de la gouvernance du système éducatif depuis l’avènement du gouvernement de la rupture

 L’offre des services publics était perturbée de façon régulière et anarchique par des grèves perlées sur fond de revendications abusives et incontrôlées. Le secteur de l’éducation était très affectée par cette jouissance abusive et contre-productive du droit de grève et c’est pour mieux encadrer l’exercice du droit de grève que la loi N°2018-34 du 05 octobre 2018 modifiant et complétant la loi N° 2001-09 du 21 juin 2002 portant exercice du droit de grève en République du Bénin a été adoptée par l’Assemblée nationale et promulguée par le Chef de l’Etat. Cette loi n’interdit pas la jouissance de l’exercice du droit de grève mais la régule de la façon suivante en son article 13 nouveau : « Lorsque les procédures sont respectées, le droit de grève s’exerce dans certaines conditions de durée qui ne peut excéder :

  • Dix (10) jours au cours d’une même année ;
  • Sept (07) jours au cours d’un même semestre ; et
  • Deux (02) jours au cours d’un même mois.

Quelle qu’en soit la durée, la cessation du travail au cours d’une journée, est considérée comme un jour entier de grève. »

Il est donc utile et intéressant de souligner que cet instrument juridique dont le ministre Salimane KARIMOU est un fervent défenseur, est un indispensable dispositif dans l’écosystème éducatif favorisant la mise en œuvre aisée des politiques éducatives dans le sous-secteur des enseignements maternel et primaire pour l’efficacité du système éducatif.

Par ailleurs, avant l’avènement du gouvernant de la Rupture, le Conseil National de l’Education (CNE) n’existait que de façon nominale car ses actions n’étaient pas visibles dans le sous-secteur des enseignements maternel et primaire. Il a fallu le régime du nouveau départ pour le rénover et lui donner les moyens de jouer au mieux son rôle d’organe supérieur de régulation du système éducatif béninois. Le CNE est créé par la loi N°2003-17 du 11 novembre 2003 portant orientation de l’éducation nationale en République du Bénin telle que modifiée par la loi 2005-33 du 06 octobre 2005 et régi par le décret N° 2023-411 du 26 juillet 2023 portant attributions, organisation et fonctionnement du CNE. Cet organe, depuis sa rénovation, fonctionne régulièrement et est à sa deuxième mandature. Entre autres missions, le CNE veille au respect des grandes options éducatives et à la mise en œuvre de la loi d’orientation de l’éducation nationale ; il assure aussi la coordination de tout le système éducatif national et le suivi de l’application des décisions et de ses délibérations.

Toujours dans le but d’une meilleure gestion du système éducatif, des efforts considérables se font pour bâtir une gouvernance basée sur une culture administrative, centrée sur les valeurs éthiques de travail, de respect du service public, de reddition de comptes, d’obligation de résultats et de dépolitisation. C’est dans cette dynamique que le gouvernement a adopté comme mode de recrutement des cadres aux hautes fonctions de l’administration la procédure de l’appel à candidatures. Cette disposition règlementaire a pour source le décret N° 2021-401 du 28 juillet 2021 fixant la structure-type des ministères, modifié par le décret N° 2022-476 du 03 août 2022. La mise en œuvre de ce décret dans le sous-secteur des enseignements maternel et primaire a permis de recruter des cadres à la tête des directions départementales des enseignements maternel et primaire et des directions centrales et techniques du MEMP. Cette réforme contribuera à responsabiliser à la tête des directions centrales et déconcentrées du Ministère des cadres compétents et apolitiques investis dans la réalisation des missions dévolues aux structures dont ils ont la gestion.

Du recrutement d’enseignants, d’élèves conseillers pédagogiques et d’élèves inspecteurs

Le système éducatif béninois est confronté depuis plusieurs décennies à une pénurie d’enseignants que les gouvernants successifs n’ont pas pu juguler. Le recrutement d’enseignants communautaires dans le sous-secteur des enseignements maternel et primaire et celui d’enseignants vacataires dans les enseignements secondaire général, technique et de la formation professionnelle n’ont pas permis de relever ce défi pernicieux de déficit d’enseignants. Le régime de la Rupture a donc initié un Programme Spécial de Pré-Insertion (PSPIE) dans l’Enseignement qui s’inscrit dans la politique sociale du gouvernement visant à sortir la jeunesse de la précarité de la vacation et du communautarisme. Ledit programme est régi par la loi N° 98-004 du 27 janvier 1998 portant Code du travail en République du Bénin modifiée et complétée par la loi N° 2017-05 du 29 août 2017 fixant les conditions d’embauche, de placement de la main d’œuvre et de résiliation du contrat de travail en République du Bénin. Pour ce faire, une base de compétence d’enseignants dits Aspirants au Métier d’Enseignant (AME) est constituée et regroupe des candidats ayant obtenu une moyenne supérieure ou égale à 10 sur 20 aux tests organisés par l’Etat. De l’année scolaire 2019-2020 à 2023-2024, 16 532 AME sont déployés dans les écoles maternelles et primaires sur toute l’étendue du territoire national. Ce flux massif d’enseignants AME a été combiné au recrutement de 3 461 enseignants contractuels et au redéploiement de 3 088 enseignants aux postes sédentaires pour l’atteinte de l’objectif « une classe, un enseignant ». Cette réforme est à saluer car il est rare qu’un gouvernement arrive à conspuer le dysfonctionnement lié au manque d’enseignants en si peu de temps et ce de façon aussi stable. À titre illustratif, avec un déficit de 12 126 enseignants en 2016, nous sommes passés à 00 déficit en 2024 malgré l’augmentation exponentielle des besoins en enseignants due à la création de nouvelles écoles, la scission d’écoles et l’extension de classes.

Pour pallier le déficit des membres du corps d’encadrement et de contrôle et favoriser un encadrement efficace et suffisant des enseignants, le Programme d’action du gouvernement phase 1 (2016-2021) a prévu un recrutement annuel de 25 élèves inspecteurs et 50 élèves conseillers pédagogiques. L’effectivité de cette mesure a permis d’avoir environ 120 inspecteurs en fonction en 2024 contre environ 45 en 2017 ; il en est de même pour les conseillers pédagogiques dont le nombre avoisine 260 aujourd’hui.

De 2016 à ce jour, différentes stratégies d’organisation du maillage pédagogique du territoire ont été utilisées pour gérer le sous-secteur. Pendant les périodes de grands déficits d’inspecteurs, il a été procédé au regroupement des Circonscriptions Scolaires (CS) en régions pédagogiques. Actuellement, cette pénurie est conjuguée au passé à la faveur du plan annuel de recrutement des élèves inspecteurs évoqué plus haut et mieux, la disponibilité d’inspecteurs a même permis de scinder quelques circonscriptions scolaires de grande taille en deux CS aux fins d’en faciliter la gestion pour une plus grande efficacité du système éducatif. Il s’agit des CS suivantes : Sèmè-Podji, Calavi 1, Bassila, Bohicon et Tchaourou.

De l’amélioration des conditions de vie et de travail des apprenants, enseignants et encadreurs pédagogiques

Tout le monde s’accorde sur la véracité du lien entre conditions de vie et de travail et performance professionnelle. Le gouvernement de la Rupture, conscient de cette évidence et mû par l’efficacité du service public en général et celle des enseignements maternel et primaire en particulier, a procédé à une amélioration substantielle du traitement des salariés. Les fonctionnaires et les contractuels de l’Etat ont donc bénéficié d’une augmentation de 3% du point indiciaire et d’un sursalaire allant jusqu’à 40 000 FCfa par mois. Les Aspirants au Métier d’Enseignant (AME) ne sont pas laissés pour compte : leurs conditions de vie et de travail ont été améliorées de façon progressive depuis l’année de leur premier déploiement jusqu’à aujourd’hui. Au cours des années scolaires 2019-2020, 2020-2021 et 2021-2022, ils ont été payés pendant neuf (09) mois sur douze. Mais leur rémunération a connu une première extension à onze (11) mois sur douze (12) au cours de l’année scolaire 2022-2023. Mieux, le Conseil des ministres en date du 18 mars 2024 leur a accordé de nouveaux avantages qui sont entre autres : l’extension à douze (12) mois de la prise en charge de leur rémunération à compter de l’année scolaire 2023-2024, le bénéfice d’une assurance -maladie, le bénéfice d’un congé de maternité à l’endroit du personnel féminin, l’institution d’une prime d’engagement pour le service d’intérêt national d’un montant de 20 000 F Cfa par mois à compter de mars 2024 pour ne citer que ceux-là.

D’un autre point de vue, il faut féliciter le gouvernement de la Rupture pour la réforme de l’administration publique en cours. Cette modernisation qui passe par la mise en œuvre du processus de dématérialisation de l’administration a permis l’amélioration de la gestion de la carrière des enseignants avec la parution régulière des actes à bonne date.

Par ailleurs, le corps d’encadrement et de contrôle, pour mener à bien sa mission au profit des enseignants dispersés sur toute l’étendue du territoire national, a été doté de moyens roulants adaptés au terrain. C’est dans ce cadre que dix-huit (18) véhicules 4×4 Pick-up flambant neufs ont été officiellement remis à certains chefs de région pédagogique (CRP) et directeurs départementaux des enseignements maternel et primaire (DDEMP) en remplacement des anciennes Pick-up hors d’usage ou amortis. Dans cette même dynamique, le 29 mars 2024, deux cent vingt (220) motos neuves ont été officiellement remis aux conseillers pédagogiques de zone en service dans les circonscriptions scolaires. Cette dotation en moyens roulants vise à renforcer le fonctionnement de ces différents acteurs dans le suivi et l’encadrement des activités pédagogiques.

Il est utile et intéressant de savoir aussi que des investissements massifs ont été faits dans la construction et la réhabilitation des écoles pour garantir le confort d’apprentissage aux apprenants. Une autre dimension du confort des apprenants concerne aussi la capacité du gouvernement à les maintenir dans le cursus scolaire jusqu’à l’achèvement du cycle primaire pour ce qui concerne le sous-secteur des enseignements maternel et primaire. Pour ce faire, le programme national d’alimentation scolaire intégrée (PNASI) tente progressivement depuis 2017 de couvrir toutes écoles du territoire national en cantines scolaires. Le taux de couverture des écoles au plan national est passé de 31% en 2017 à 75% en 2024. Grâce à la cantine, chaque apprenant, dans n’importe quelle école de la zone couverte, consomme un repas chaud tous les jours de classe de la semaine. Cette mesure contribue de façon significative à l’amélioration de l’équité dans l’enseignement primaire par le maintien des apprenants dans le cursus scolaire.

Des innovations dans le sous-secteur des enseignements maternel et primaire sous la Rupture

Plusieurs chantiers sont ouverts dans le sous-secteur des enseignements maternel et primaire depuis l’installation du régime du Nouveau Départ. Avec le processus de la mondialisation qui consacre l’ouverture de tous les peuples à la civilisation mondiale, il parait très important d’intégrer les préoccupations éducatives conséquentes dans le champ d’apprentissage pour permettre aux apprenants de se familiariser avec les réalités du monde dans lequel ils sont appelés à vivre demain. C’est la raison pour laquelle le gouvernement a opté pour l’apprentissage de la langue anglaise à l’école primaire avec pour ambition à long terme d’avoir deux langues internationales officielles (Français et Anglais) au Bénin dans le but de favoriser les relations avec différentes nations en brisant le mur de la barrière linguistique qui a longtemps isolé la nation béninoise du monde anglophone avec d’innombrables manques à gagner en termes d’opportunités. Ce projet dont l’expérimentation a commencé depuis l’année scolaire 2017-2018 dans des écoles pilotes dont le nombre s’accroit progressivement, se poursuit et fait la joie des apprenants, des parents d’élèves et des maîtres expérimentateurs. Cette réforme est une ambition très noble qui mérite d’être choyée et portée vers sa généralisation à toutes les écoles primaires publiques du Bénin. Tous les acteurs de l’école sont donc dans l’attente de cette mesure de généralisation pour le rayonnement du système éducatif béninois.

Une autre réforme non moins importante est celle qui touche à la gestion de la vie scolaire au Bénin via une plateforme web dénommée EducMaster. La plateforme EducMaster dont la mise en œuvre a débuté depuis 2018 dans l’enseignement secondaire, technique et de la formation professionnelle s’est étendue au sous-secteur des enseignements maternel et primaire à partir de l’année scolaire 2022-2023. Elle vise la gestion automatisée du système éducatif à travers l’élimination des fraudes en milieu scolaire. De façon spécifique, la plateforme EducMaster permet entre autres la sélection impartiale des surveillants et correcteurs aux différents examens, la gestion du personnel enseignant, des apprenants, des transferts et des nouvelles inscriptions, le suivi des résultats scolaires, la maitrise des statistiques scolaires…C’est un outil moderne de gouvernance éducative qui s’aligne bien sur la priorité du gouvernement d’accélérer le processus de dématérialisation de l’administration publique. Elle donne aux usagers les moyens d’une gestion moderne et se révèle un moyen efficace de lutte contre les inscriptions frauduleuses et de suivi du parcours des apprenants. Aucun système éducatif à l’ère de la mondialisation et des nouvelles technologies de l’information et de la communication ne peut s’épanouir en conservant le statu quo. Il faut nécessairement adapter l’école aux réalités actuelles où les nouvelles technologies occupent une place de choix dans l’organisation et le fonctionnement de tous les secteurs d’activités de la vie. La mise en œuvre de la plateforme EducMaster dans le sous-secteur des enseignements maternel et primaire sonne le début de l’introduction des NTIC dans le système éducatif béninois qui sera davantage plus probant lorsqu’il s’agira de la mise en œuvre du projet de digitalisation et numérisation du processus d’enseignement/apprentissage/ évaluation à l’enseignement primaire, dont les réflexions sont en cours.

À un maître d’ouvrage d’exception, un maître d’œuvre idéal

À un homme de pouvoir, il faut y associer un homme d’idées pour une réalisation sans faille des idéaux politiques portés par celui-là. Combien sont ces dirigeants politiques ayant de grandes ambitions pour leur peuple avec une vision de développement claire et des programmes d’action pertinents et bien définis, mais qui n’arrivent pas à détecter l’homme d’idées convenable, le maître d’œuvre idéal ayant une parfaite connaissance de son domaine de compétences et doté d’un leadership avéré pouvant opérationnaliser leur vision. Souvent, malgré leurs bonnes intentions politiques, ces hommes de pouvoir échouent lamentablement. Il n’en est pas ainsi du Président Patrice Talon dont l’expertise en “casting” n’est plus à démontrer. En tant qu’homme de pouvoir, un grand visionnaire et bâtisseur, il a pu se lier à un homme d’idées, un professionnel pointu du monde de l’éducation et en l’occurrence celui du sous-secteur des enseignements maternel et primaire, pour porter la responsabilité de la mise en œuvre des réformes éducatives dans ce secteur. En huit années de gouvernance de la Rupture, nombre de défis éducatifs qu’on croyait insurmontables ont été relevés grâce à la vision du Chef de l’État, le Président Patrice Talon à travers les deux Programmes d’action du gouvernement (PAG1 et PAG2) sous l’impulsion et le leadership éclairé du Ministre Salimane KARIMOU, maître d’œuvre de l’implémentation des réformes de l’éducation du Gouvernement dans le sous-secteur des enseignements maternel et primaire. Ces différentes réformes, piliers fondamentaux de l’amélioration des performances du secteur de l’éducation, ont induit une amélioration qualitative et quantitative des niveaux des indicateurs d’accès, d’équité et de qualité dans le sous-secteur des enseignements maternel et primaire. Même si le mandat de l’actuel locataire de la Marina   n’a pas encore atteint son terme, on peut sans risque de se tromper avouer que le président Patrice Talon a su choisir le cadre qu’il faut pour conduire à bon port le navire du sous – secteur des enseignements maternel et Primaire.

Une réflexion de Luc GBOGBOHOUNDADA

Inspecteur de l’Enseignement du Premier Degré (IEPD) en service à la DEP/MEMP

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