Avec la procuration du sénateur Nicéphore Soglo, depuis un certain temps très favorable au président Patrice Talon, on peut déjà se faire une idée du sénateur capable de rester sage tout en restant fidèle à ses convictions de » jamais Talon « .
Mais avant d’épiloguer sur le membre qui aurait eu intérêt à voter blanc au sein de ce temple de la sagesse, il faut d’abord clarifier la notion de ce vote. Le vote blanc, en effet, consiste à déposer dans l’urne une enveloppe vide ou un bulletin vierge. Il exprime un choix civique : participer à l’élection tout en refusant de voter pour l’un des candidats en lice. Il est comptabilisé à part, mais n’entre pas dans le calcul des suffrages exprimés. Dans le cas du scrutin d’hier, il a été constaté que ce vote blanc s’est retrouvé à toutes les étapes de l’élection de chaque membre du bureau.
Du coup, on peut se demander qui, au sein de ce Sénat, aurait voulu faire preuve de sagesse et s’inscrire dans l’esprit de l’institution, sans jamais renoncer à son aversion — qui lui est si chère — de ne jamais valider le choix du président Talon.
Au sein de cette auguste assemblée, il n’y a pas deux personnes dans ce cas. Tous les regards ont donc de bonnes raisons de se tourner vers l’ancien président Boni Yayi. Lui seul a la rancune suffisamment tenace pour s’exprimer de la sorte. Sauf erreur de jugement de notre part, bien entendu.
Aboubakar TAKOU



